Murdoch, that's news !

Publié le par DA Estérel 83

Coulisses de Sarkofrance

 

 

L'incroyable Watergate britannique qui se déroule sous nos yeux depuis quelques jours est un évènement médiatique autrement plus important, symbolique et révélateur que les tristes rebondissements d'une affaire DSK devenu feuilleton ou de la grotesque cérémonie aux Invalides de mardi.

Au Royaume Uni, Murdoch a donc fermer un hebdomadaire trash mais bi-séculaire, après le scandales des écoutes. Mardi 19 juillet, on pouvait le voir et l'écouter, assis à côté de son fils James, devant un panel de parlementaires, répondre à des questions franches, dures et directes.

Rupert Murdoch est-il coupable ?

Honnêtement, on s'en fiche un peu. Il est tellement facile de consacrer le magnat-propriétaire de l'ineffable droitiste Fox News des pires maux que cela en devient lassant.

Le plus incroyable de cette affaire est l'ampleur des sanctions et des remous. Le patron de Scotland Yard a démissionné. Vous avez bien lu ou entendu. En France, Frédéric Péchenard, patron de la police judiciaire ou Bernard Squarcini, de la DCRI, peuvent couvrir le grand n'importe quoi de l'affaire Coupat (la bande "terroriste" de Tarnarc), les écoutes de Rachida Dati pour sauver le couple présidentiel de la rumeur, l'espionnage de journalistes du Monde ou d'un conseiller d'un ministre dans l'affaire Woerth,... et ils sont toujours là.

Une certaine presse française fut bien prompte à fustiger les méthodes anglo-saxonnes - les excès d'un New-York Post dans l'affaire DSK, les écoutes d'un News of the World dans l'affaire Murdoch. Une certaine presse ferait mieux de remarquer que ces journaux-là décapitent les responsables en un quart de seconde, et leurs complices politiques, quand le scandale éclate.

En France, un site peut s'évertuer à publier des PREUVES d'un beau conflit d'intérêt autour d'un curieux intermédiaire franco-libanais suffisamment riche de commissions payés sur des contrats de ventes français pour inviter des responsables politiques français de haut rang sans que ses confrères de la presse classiques ne daignent y consacrer une demi-colonne quotidienne.

Vous seriez au Royaume Uni, messieurs les auto-censeurs, vous ne seriez plus.

Depuis quelques jours, quelques semaines,  quelques mois, je me sens fichtrement plus britannique ou new-yorkais que Français.

 

Honnêtement, je me sens fichtrement plus britannique

Publicité

Publié dans Affaires

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article