«Montebourg a toujours défendu la République face à la mondialisation économique»
Gaël Brustier revient sur les propos de Marie-Noëlle Lienemann, qualifiant Arnaud Montebourg d'« inconstant ». Selon lui, le candidat aux primaires PS n'a jamais dévié de sa ligne et il a dénoncé, des 1997, les ravages de la mondialisation.
Marie-Noëlle Lienemann pour laquelle j’ai de la sympathie et de l’estime, déclare dans une interview à Marianne2 : « Arnaud Montebourg fait preuve d’une certaine inconstance dans ses positions. Il s’est roulé pendant un temps avec délectation dans la candidature Ségolène Royal ».
Les Français sont, c’est un constat, assez las des querelles picrocholines internes au Parti Socialiste. Abstenons-nous d’engager le débat sur la dernière candidature présidentielle socialiste en 2007 ou, a fortiori sur celle de 2002. Comme le dit Woody Allen : « L'avenir est la seule chose qui m'intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années. »
Un fait, un seul : Arnaud Montebourg avait refusé la synthèse de façade du Congrès du Mans en 2005. Pour le reste, est-il utile de se jeter à la figure les alliances de congrès socialistes et le mercato qui fait passer untel ou unetelle d’un courant à un autre ?
Précisons les choses : je suis proche d’Arnaud Montebourg, je suis son collaborateur et n’ai pas à le cacher.
Précisons les choses : je suis proche d’Arnaud Montebourg, je suis son collaborateur et n’ai pas à le cacher.
Attachons nous au fond du problème et aux faits. La première élection d’Arnaud Montebourg date de 1997, dans la Bresse, sixième circonscription de Saône-et-Loire, entre Saône et contreforts jurassiens…
La Bresse n’est ni une terre « de gauche » ni un repère de privilégiés. Au contraire : terre ouvrière, frappée par la désindustrialisation mais terre agricole aussi, la Bresse vit sous la coup d’un homme politique, apparemment invincible électoralement, le Président du Conseil Général René Beaumont.
Arnaud Montebourg connait la Saône-et-Loire, il en est – comme moi – originaire. Il connait les ravages de la désindustrialisation, du libre-échange, ravages longtemps niés par une partie de la gauche ou considérés comme inéluctables, voire nécessaires, par la gauche.
Inconstant Arnaud Montebourg ? Celui de 1997 dénonce en première page de son premier journal de sa première campagne électorale « l’ouverture irréfléchie de notre économie aux marchés mondiaux, qui délocalisent nos usines, détruit peu à peu notre force économique et notre niveau de vie quotidien en appauvrissant progressivement nos villes et nos campagnes».
Inconstant Arnaud Montebourg ? Celui de 1997 dénonce en première page de son premier journal de sa première campagne électorale « l’ouverture irréfléchie de notre économie aux marchés mondiaux, qui délocalisent nos usines, détruit peu à peu notre force économique et notre niveau de vie quotidien en appauvrissant progressivement nos villes et nos campagnes».
Arnaud Montebourg s’en prend directement aux Accords de Marrakech de 1994 lors des élections de 1997. Premier des « choix radicaux » qu’il entend défendre : « taxe aux frontières européennes les produits fabriqués sans aucune protection sociale ». C’est le cœur de son actuel projet présidentiel de « démondialisation ».
Depuis, à chaque élection, le candidat Arnaud Montebourg défend la même analyse et martèle, d’élection en élection, que la République peut, si elle le veut, être plus forte que la mondialisation.
Depuis, à chaque élection, le candidat Arnaud Montebourg défend la même analyse et martèle, d’élection en élection, que la République peut, si elle le veut, être plus forte que la mondialisation.
Pourquoi ? Parce que l’analyse d’Arnaud Montebourg est basée sur la conscience d’une profonde mutation des rapports de forces internationaux qui déstabilise notre société. Géopolitique, cette mutation se traduit par une politique de libre-échange des marchandises et de financiarisation de l’économie. Changer la donne impose une volonté politique, un Etat renforcé, une politique extérieure nouvelle, non-alignée, libre et s’adressant au Sud. Dès le début de son engagement, Arnaud Montebourg choisit d’assumer son protectionnisme et de combattre les paradis fiscaux. Est-ce de l’inconstance ?
Les rapports de forces internationaux déterminent les rapports de forces sociaux en France. Cela, Marie-Noëlle Lienemann -formée au CERES de Jean-Pierre Chevènement et Didier Motchane tout comme Arnaud Montebourg - le sait.
Les rapports de forces internationaux déterminent les rapports de forces sociaux en France. Cela, Marie-Noëlle Lienemann -formée au CERES de Jean-Pierre Chevènement et Didier Motchane tout comme Arnaud Montebourg - le sait.
La cohérence en politique tient à cela et la constance se mesure à l’aune de cette réalité : rapport à la mondialisation, à l’Europe, à la République.
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