Même en terre aubryste, Ségolène Royal n'est pas en terrain hostile
Ségolène Royal était hier midi à Tourcoing pour dédicacer son livre-programme. C'est « par respect pour Martine Aubry » qu'elle a choisi d'évaluer sa popularité dans le Nord en dehors de Lille.

.. où elle a toutefois fait une apparition.
« C'est du jamais vu pour nous », constate Halina de la librairie Majuscule. Hier midi, le magasin du centre-ville de Tourcoing a été pris d'assaut comme jamais. Au lendemain du premier débat télévisé, Ségolène Royal poursuivait son « marathon » des primaires, en ne passant que furtivement par la capitale des Flandres. Au saut du TGV, elle est, dit-elle, « tombée par hasard » sur Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.
Le jour même de l'inauguration du V'lille (lire ci-dessus), son choix s'est porté sur Tourcoing. Histoire de ne pas « interférer », « par respect pour Martine Aubry. Mais je ne voulais pas priver les gens du Nord de mon déplacement ». Reste que, hormis l'ancien maire Jean-Pierre Balduyck, pas un seul élu local à l'horizon, la section socialiste de Tourcoing s'étant rangée officiellement derrière Martine Aubry. Michel-François Delannoy, maire actuel et très proche de la première secrétaire, s'est dit retenu par ailleurs...
Mais elle était attendue de pied ferme, Ségolène Royal, par de nombreux journalistes et des dizaines de militants de toute la région, dont de nombreux jeunes. Accueillie par une salve d'applaudissements et des « Ségolène présidente ! », c'est tout sourire qu'elle a dédicacé sa Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des solutions. La raison de cette bonne humeur : un bon sondage des internautes à la suite du débat de la veille, paru le matin même. Mais aucun militant ne vous dira qu'il croit une seconde aux sondages. La candidate non plus : « Les gens ne vont pas obéir à des injonctions. Ils ont leur liberté d'expression et, au moment du vote, ils vont l'utiliser. » Confiant lui aussi, Philippe Harquet, responsable des primaires citoyennes pour le canton de Marcq-en-Baroeul/Bondues, assure que la présidente de Poitou-Charentes est « la seule capable de contrer Sarkozy et Marine Le Pen ». Et qu'elle ne sera jamais en terrain hostile dans le Nord : « On n'est plus dans la guéguerre », dit-il, arguant de « rapports très courtois » avec les maires de Lille et de Tourcoing. De toute manière, Ségolène Royal ne cherchait pas de soutiens mais n'était venue , dit-elle, que pour rencontrer « des gens du peuple ».