Mélenchon, le troisième homme

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

par Lautréamont

Jean-Luc Mélenchon, le 27 janv. 2010, devant une photo d'Orson Welles dans le 3ème Homme... - © Razak

En 2010, Mélenchon dans les locaux du journal Vendredi. Hasard prémonitoire ? JLM pose devant une image d'Orson Welles qui joua aussi le 3ème Homme. - © Razak

Nouveau statut. Nouvel élan. Voici Jean-Luc Mélenchon, le 3ème homme qui, pour la première fois double François Bayrou et Marine Le Pen.

Incroyable progression de celui qu’on n’attendait pas si haut. 14% dans la nouvelle livraison de BVA.

D’où viennent-ils, ces gens qui votent Méluche ?  La France du non de gauche, qui ne se reconnaît pas dans la social-démocratie jugée trop soft de François Hollande. Les communistes, les jeunes qui aiment le panache et le goût de l’aventure porté par l’ancien ministre de Jospin. Mais aussi les ouvriers, dont certains auraient pu être tenté secrètement par le vote pour Le Pen mais trouvent dans cet orateur hors pair le souffle insurrectionnel dont ils ont besoin pour croire encore en la politique.

Étrange alliage qui réveille la gauche, lui fait du bien là où elle a un peu mal : le rêve, le souffle car on ne peut pas tout promettre et faire rêver trop haut et trop fort lorsqu’on aspire à être Président. C’est le choix stratégique de Hollande qui ne peut se permettre le lyrisme. Mélenchon, lui, peut tout se permettre, par nature, par conviction et par positionnement. Il connaît trop les rapports de force pour ignorer qu’il ne sera jamais Président de la République mais il pousse et pousse encore cette radicalité qui sera précieuse dans l’entre-deux tour. Plus Mélenchon monte, plus les nouvelles sont bonnes pour Hollande.

Le candidat PS oscille entre 27 et 30% selon les instituts, ce qui est un score très élevé pour un candidat socialiste. Mélenchon, lui, varie de 10 à 14% ce qui est inespéré pour un candidat de gauche radicale. Jamais la gauche ne s’est présentée avec un tel rapport de force pour le second tour : entre 40 et 43%, là ou Ségolène Royal, en 2007, devait se contenter de 36%. Et on ne peut pas imaginer un seul instant que les reports de voix ne seront pas parfaits dans un entre-deux tour où il s’agira  avant tout de sortir le sortant.

Jean Luc Mélenchon monte,  sans abîmer le candidat PS et donc l’avenir. Et s’il affaiblit un peu le 1er tour, il lui permet un second tour plus confortable en ayant enlevé au passage des plumes au FN. On appelle ça une petite perte pour un grand profit. Réjouissons-nous !

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Publié dans Gauche

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