Méga-riches indignés et lucides

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Troisième fortune mondiale avec un pactole de 55 milliards de dollars à faire exploser de jalousie l'Oncle Picsou, l'octogénaire américain Warren Buffet est un récidiviste de la parole qui fait mouche. En 2008, juste avant la crise des subprimes, la faillite de Lehman Brothers, il avait eu cette sentence prémonitoire: «C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui n'ont pas de maillots ».

Le dernier oracle que ce « Dieu » de la finance vient de publier dans le New York Times est une bombe larguée contre l'ultralibéralisme défendu au Congrès par les Républicains et les extrémistes du Tea Party opposés à toute hausse des impôts. «Mes amis milliardaires et moi-même avons été trop longtemps gâtés. Notre gouvernement doit sérieusement s'atteler au partage des sacrifices», écrit-il avant d'ajouter: «quand les classes moyennes et les plus pauvres se battent pour nous en Afghanistan, quand la plupart des Américains ont du mal à joindre les deux bouts, nous les méga-riches continuons à profiter d'extraordinaires allégements fiscaux ».

Au pays du capitalisme roi, le coup de gueule de Warren Buffet n'est pas isolé. Fin juillet de riches américains se désignant comme des « millionnaires patriotiques » ont adressé une pétition au Congrès avec un appel sans ambiguïté : « augmentez nos impôts ! » « Un petit sacrifice financier » pour aider les États-Unis « à rester un leader sur les plans économique, politique et moral», disent-ils.

En France où la question de la taxation des grandes richesses est aussi à l'ordre du jour, seuls Maurice Lévy, le patron de Publicis, et Pierre Bergé (au nom de son étiquette socialiste) se sont ralliés à la proposition Buffet. Mais avec sérieux bémols dans les propos de Maurice Lévy qui n'envisage qu'une « contribution exceptionnelle », un « impératif » conjoncturel de« solidarité » accompagnant une réduction « drastique » des dépenses publiques.

Aucun des plus grandes fortunes françaises invitées au Fouquet's le soir de son élection par Nicolas Sarkozy n'a pour l'instant jugé utile de s'exprimer. Comme s'ils ne sentaient en rien concernés par les inquiétudes d'explosion systémique et sociale qui motive la conversion des fortunes américaines à la solidarité. Comme s'ils étaient certains qu'avec un Président pourfendeur de toute augmentation des impôts et qui ne leur a pas ménagé ses largesses fiscales, ils n'avaient rien à craindre... au moins jusqu'en 2012.

Sarko «l'Américain» reste pour l'instant enfermé dans ses tabous fiscaux. Il ne serait pas inutile qu'il reprenne langue avec son « ami » Obama et ces riches Américains qui revendiquent leur participation à l'effort collectif face à la crise, au nom de l'intérêt général.

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Publié dans Politique

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V
<br /> les riches américains ne sont pas des fous devenus charitables d'un coup de baguette magique, non ! Ils ont pris conscience que leur richesses venant u travail donc de la valeur ajoutée de celui-ci<br /> à leur actions et autres bons et que les salariés en ont marre et qu'un jour prochain, les indignés de Madrid, de Tel Aviv ou d'autres pays d'Europe ou pas vont enfin faire une révolution et<br /> planteront peut-être leurs têtes au bout d'une pique, tiens oû ai-je déjà vu cette image !<br /> <br /> <br />
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