Mauvaise digestion

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

La gueule de bois au lendemain d'une défaite, c'est un classique de la politique. Pour autant ce à quoi on assiste depuis hier va bien au-delà de cet affichage ordinaire de mines de circonstances. En observant ce qui se passe - et surtout ce qui ne se passe pas - sur la scène politique à droite, on a en effet l'impression que l'onde de choc de la veille a pétrifié l'Elysée. Et que s'il y a encore un pilote dans l'avion présidentiel, il ne sait plus quel cap prendre, quel plan de vol ordonner à ses troupes. KO le locataire de l'Elysée, lui dont personne ne peut pourtant douter de l'esprit combatif pour ne pas dire du caractère teigneux?

En tout cas, bien des signes donnent à penser que cette énième défaite électorale depuis le début du quinquennat (après les régionales, les cantonales et les municipales) l'a sacrément ébranlé. Comment expliquer autrement le flou qui entourait hier la stratégie à adopter autour de la candidature de Gérard Larcher, le président sortant ? Faut-il penser comme Jean-Pierre Raffarin ou Christian Jacob que rien n'est joué dans l'élection de samedi prochain au risque de se voir accuser de «hold-up» par le PS ? Faut-il tenter le «tripatouillage» en espérant en cas de réussite du plan de débauchage de certains élus de «gauche» semer la zizanie au coeur de celle-ci en pleine période de primaire ? Faut-il au contraire la jouer fair-play - c'est-à-dire transparent et démocratique - afin de ne point encore alimenter l'écoeurement d'une opinion publique qui n'en peut plus de ces coups bas qui riment si bien avec République de coquins et mallettes bourrés de billets ?

Il semble bien que l'hyper-président ait cette fois-ci décidé de... ne rien décider. Car comment peut-on expliquer autrement les déclarations à géométrie variable faites hier par des ministres ? Comment comprendre que d'un côté le ministre de la Défense, élu sénateur, reste au gouvernement alors que sa collègue Chantal Jouanno, décide, elle, d'aller au Sénat pour sauver le président Larcher ?

On finit d'ailleurs, à cette occasion, par s'interroger sur la façon dont certains ministres sont en train de s'émanciper de leur tuteur. Alors que Chantal Jouanno clamait encore dimanche soir que sa décision dépendait du président de la République et de lui seul, la voici qui s'affranchit de son avis hier matin en présentant sa démission à François Fillon, obligé de la remplacer au pied levé par Douillet. Et que dire de Maurice Leroy, ministre battu dimanche dans son fief du Loir-et-Cher, et qui semble avoir perdu tout sens de l'allégeance présidentiel en prétendant garder son bureau de ministre de la Ville ?

Nicolas Sarkozy a beau être très occupé à sauver la paix au Proche-Orient, à installer la démocratie en Libye et à fonder un nouvel ordre monétaire international, on a du mal à croire qu'il puisse rester ainsi sans reprendre le mors aux dents. Par exemple, en se déclarant plus vite qu'il ne l'avait prévu.

Publicité

Publié dans SARKOZY

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article