Martine Aubry ignore les attaques contre les primaires

Publié le par DA Estérel 83

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La patronne du PS minimise les contestations contre le mode de désignation du candidat pour 2012.

Martine Aubry ignore les attaques contre les primaires

 

"On fait une très belle campagne", se félicite Martine Aubry, sous le soleil de Pau vendredi. Elle vient soutenir les candidats aux cantonales dans les Pyrénées-Atlantiques, que le PS compte rafler à la droite le 27 mars. Mais la première secrétaire joint l'utile à l'agréable, car "c'est un bonheur de revenir dans le Béarn", dont une partie de sa famille est originaire. C'est au côté d'un autre Béarnais, François Bayrou, qu'elle a fait le voyage en avion depuis Paris. "Nous avions de bonnes relations lorsque j'étais ministre de l'Emploi et lui député", se souvient-elle à l'arrivée, tout en prenant des distances avec l'accord UMP-MoDem passé dans ce département. "On ne peut pas tenir un discours à Paris et un autre dans sa ville", lance la maire de Lille, où elle est elle-même alliée au MoDem, à l'adresse de l'ex-candidat centriste à la mairie de Pau.

Mais c'est contre la politique du gouvernement qu'Aubry concentre toutes ses attaques. À Lescar, en visite dans la plus grande communauté Emmaüs de France, elle fustige "les promesses non tenues, les conflits d'intérêts reconnus comme normaux, l'absence de morale, une justice qui n'est plus indépendante, la casse des services publics..." D'ailleurs, même les candidats de droite n'osent pas faire campagne sous l'étiquette UMP, relève-t-elle : "Il faut prévenir M. Copé qu'il n'a plus de parti ! Il n'y a plus de candidats UMP ; ils ont peur, ils se cachent sous la table", ironise la chef de l'opposition. 

"Les gens ont le temps de souffrir"

Aubry ne compte pas zapper cette étape, dernier scrutin direct avant 2012, elle qui "avance pas à pas" : "Tout le monde ne parle que de la présidentielle, moi j'ai envie de parler des cantonales. Parce que la présidentielle c'est dans un an et, en un an, les gens ont le temps de souffrir."

2012 est bel et bien dans toutes les têtes. Cette semaine, le député du Doubs Pierre Moscovici, soutien de Dominique Strauss-Kahn, a suggéré que le PS "analyse la pertinence" des primaires, alors que le président de la région Paca Michel Vauzelle a lancé une pétition pour que le PS "renonce le plus tôt possible à des primaires dévastatrices" face à la montée du FN. Pour Aubry, pas question de revenir sur le mode de désignation du candidat adopté par le parti : un vote des sympathisants de gauche en octobre 2011

"Deux, trois voix qui ont besoin d'exister"

D'ailleurs, elle est persuadée que ces questions n'agitent "que le microcosme parisien", que "les gens s'en foutent". Aux sceptiques, qu'elle réduit à "deux, trois voix qui ont besoin d'exister", elle demande "d'être sur le terrain et de faire campagne". "Je leur conseille de venir avec nous. Une seule chose est importante, c'est de gagner les cantonales", insiste-t-elle. Contre le phénomène Marine Le Pen, Aubry affirme simplement que "le PS se battra pour que le FN n'augmente pas". Après les cantonales, c'est sur le projet présidentiel du PS qu'elle préfère se concentrer. 

Il s'agira d'un projet "frappant", "d'une mise en cohérence" du travail déjà effectué depuis deux ans "pour retrouver les valeurs qui sont les nôtres en apportant des réponses d'aujourd'hui", explique Aubry. 

"Il n'y aurait plus que moi, il n'y aurait plus le choix"

Et ce projet "frappant", a-t-elle l'intention de le défendre elle-même devant les Français ? Évidemment, Aubry ne répond pas. Face aux signes qu'envoie DSK depuis quelques semaines, entre une venue très médiatique à Paris pour le G20 et la diffusion dimanche sur Canal+ d'un documentaire qui lui sera entièrement consacré, Aubry se montre sereine et confie : "Il ne faut pas qu'il soit oublié, c'est bien d'avoir plusieurs cordes à son arc. S'il n'envoyait pas de signes, il n'y aurait plus que moi, il n'y aurait plus de choix." Elle, dit-elle, n'a pas besoin d'en dire plus. "On sait que je suis là. Tous les jours, sur le terrain." Déjà un signe ?

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Publié dans PS

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