Mark Zuckerberg: Il peut dire merci à ses «amis»

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010 Jacques Guyon 16/12/2010

 

 

Pour une surprise, ce n'est pas vraiment une surprise. On pourrait même dire que c'était dans les tuyaux, dans l'air du temps, dans la logique de ce début de siècle en quête d'idoles à honorer à défaut de rêves à réaliser.


Comment un tout jeune homme qui a réussi à collectionner déjà un demi-milliard d'«amis» à travers le monde pouvait ne pas être en 2010 élu «personnalité de l'année» par le magazine américain Time ? Que le personnage soit devenu très vite milliardaire grâce aux clics de ses chers «amis» et devance désormais le co-fondateur d'Apple, Steve Jobs, au classement des Américains les plus riches, ne pouvait que plaider pour une telle distinction au pays qui a toujours magnifié ses self-made-men...


Voici donc Mark Zuckerberg, l'homme qui a inventé Facebook, le réseau «social» le plus fréquenté de la planète, qui rejoint dans la galerie des personnalités déjà distinguées dans le passé par le même magazine Charles de Gaulle, la reine Elisabeth II, Martin Luther King ou plus récemment Barack Obama.

Tous ceux qui s'interrogent sur l'évolution des valeurs dans nos sociétés, qui cherchent à comprendre quels sont les nouveaux «maîtres du monde» sont désormais édifiés. Ce palmarès nous révèle que ce ne sont plus désormais les penseurs, les pacifistes, les politiques qui comptent. Le pouls du monde bat, non pas dans quelque palais présidentiel, mais est censé palpiter sur la toile.


Pour expliquer son choix, Time note que «Facebook est maintenant le troisième pays le plus important du monde et a certainement davantage d'information sur ses citoyens que n'importe quel autre gouvernement». Sidérant. Et inquiétant quand le même magazine assène: «Zuckerberg est son chef de gouvernement en t-shirt» !

Du coup, on se dit que les «amis» de Facebook ont parfois de drôles de tronches et on ne peut s'empêcher d'évoquer derrière ce scoutisme planétaire en ligne, cette agora virtuelle et poisseuse de bons sentiments, le gros oeil de Big Brother... Même sans céder à la paranoïa, comment ne pas être interloqué en effet par cette fascination cucul-la-praline pour cette nouvelle communauté dont à l'évidence les intérêts tombent d'abord en dollars sonnants et trébuchants dans la poche de ce GO d'un quatrième type ?


Mark Zuckerberg a certes eu une excellente idée et on ne va pas lui reprocher d'avoir, en homme rompu à l'informatique et au marketing, su en tirer un revenu qui le met à l'abri du besoin. Pour autant en faire une icône ou un nouveau messie, dépasse largement les bornes de la niaiserie. Mais il est vrai qu'il vaut mieux du Zuckerberg aujourd'hui qu'un Joseph Staline pourtant distingué par le même magazine avant-hier ou un George W Bush hier.


Sans compter que cette année, Hamid Karzaï, le grand démocrate et humaniste afghan, a quand même terminé sur la troisième place du podium.

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Publié dans Société

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