Les tirs de « snipers » de l'UMP : stratégie efficace ou suicide électoral ?
DE LA GUERRE ET D’UN NAUFRAGE
Gérard Longuet, qui est l’auteur d’une collection assez sinistre de dérapages variés, n’a pas eu peur d’outrepasser les limites de la décence en osant comparer François Hollande au capitaine du Costa Concordia en disant sur LCI : « Il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs", et : "Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance ».
LA POLÉMIQUE SUR LE QUOTIENT FAMILIAL
Nous avons eu droit à toutes les « nuances » de l’indignation, le président affirmant que c’était une « folie ». Certains n’ont pas hésité à faire mine de croire que le candidat socialiste proposait purement et simplement de supprimer le quotient familial, alors qu’il ne s’était prononcé que pour sa réforme. Mais ce déluge de mauvaise foi a imposé à François Hollande de préciser sa position d’une manière qui a pu laisser entendre qu’il reculait sur sa proposition.
UNE SALE CAMPAGNE
Cette polémique est dommage car le point avancé par les économistes est juste. Nous avons un empilement d’aides diverses et variées qu’il vaudrait sans doute mieux unifier dans un seul mécanisme plus simple. Mais là encore, la mauvaise polémique pris le pas sur le bon débat. La tactique de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle semble assez claire :une multiplication de nouveaux dossiers pour garder la maîtrise de l’agenda, et des attaques agressives contre le candidat socialiste.
Bien sûr, si François Hollande reste sur la défensive à chaque fois qu’il est attaqué de la sorte, le président sortant pourrait y gagner. Il va essayer de renforcer le mythe du président qui a du caractère et qui agit, contrairement à son adversaire, alors qu’il a cédé sur tout pendant son mandat, notamment sur la scène européenne. En outre, il oublie que sa brutalité déplaît, et que cette agressivité pourrait bien lui faire perdre bien plus qu’à celui qui est visé par les snipers de l’UMP.
Emmanuel Todd a dit qu’en 2007 « Les électeurs qui avaient peur de l’incompétence de Ségolène Royal l’ont emporté sur ceux qui avaient peur de la brutalité de Nicolas Sarkozy ». Pas sûr qu’avec une telle campagne, ou un tel comportement face aux journalistes, il n’aille pas droit dans le mur.
