Les grandes catastrophes financières
Par Michel THOMAS
En 1530 la rançon de François 1er coûte 7 tonnes d'or, soit 212.420.000 €, ce qui était énorme pour les finances d'un royaume de moins de 18 millions de sujets, dont une forte majorité de paysans pauvres.
Les ravages des guerres de religion, de celles de Louis XIV et de Napoléon 1er n'ont pas été chiffrés, mais ce fut certainement considérable.
En 1871 la France dut payer à la Prusse des « réparations » d'un montant de 5 milliards de Francs-or, soit 44 milliards d'€.
En 1918 les 12 milliards de Francs-or prélevés sur l'épargne française par les emprunts russes devinrent des non-valeurs. Cela représentait 105,6 milliards d'€ actuels.
Au même moment la France faisait le bilan de la « grande guerre »: par rapport à 1914 la dette publique avait augmenté de 219,5 milliards de Francs-or, soit 1.932,6 milliards d' €. On considère que la richesse française a été réduite de 50 % par la guerre. Sans compter que la nation avait perdu 10 % de sa population active, dont 47 % d'hommes jeunes, parmi lesquels mille polytechniciens et la moitié du corps des instituteurs.
La seconde guerre mondiale a causé des dommages de guerre à hauteur de 4,9 milliards de Francs-or, soit 43,1 milliards d'€. Pendant quatre ans les pillages nazis ont ponctionné la moitié de notre P.I.B.; à quoi il faut ajouter la perte du travail de deux millions de prisonniers.
On peut affirmer que la France a une grande habitude des catastrophes et qu'elle a toujours fait preuve d'une excellente faculté de rétablissement. Il n'y a donc aucune raison de penser que les destructions, pertes et prédations de l'ère Sarkozy sont irréparables.
Ségolène ROYAL a parfaitement raison d'affirmer que le renforcement de l'austérité n'est pas inéluctable, qu'il existe encore des marges de manoeuvre et surtout qu'avec du sérieux, de l'innovation et surtout de la solidarité nous pouvons nous rétablir.
N'ayant ni sollicité ni obtenu le soutien d'aucun oligarque, elle ne sera tenue à aucun renvoi coûteux d'ascenseur.
Avec elle s'en sera fini des gaspillages et des prébendes et la finance sera au service du Peuple, redevenu souverain.
Michel THOMAS