Jean-François Copé reconnaît avoir reçu des cadeaux de Ziad Takieddine
L'homme d'affaires franco-libanais est poursuivi dans l'enquête sur une affaire de corruption lors de la présidentielle de 1995...
Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a admis lundi s'être fait financer des vacances par l'homme d'affaires Ziad Takieddine, intermédiaire dans des contrats d'armement et poursuivi dans l'enquête sur une présumée corruption lors de la présidentielle de 1995.
Interrogé sur TF1, le patron du parti majoritaire a toutefois contesté toute implication personnelle dans cette procédure, soulignant qu'il n'avait que 28 ans en 1993 et soutenait alors Jacques Chirac, et non Edouard Balladur, présumé bénéficiaire de la supposée corruption.
Selon des procès-verbaux d'audition de police publiés par le site Mediapart, l'ex-femme de Ziad Takieddine a déclaré aux policiers que Jean-François Copé s'était fait financer par le milliardaire au début des années 2000, quand il était membre du gouvernement, des séjours avec sa famille et des frais à Antibes, à Londres, au Liban et à Venise.
«Je n'ai jamais rien caché de cela, j'ai toujours dit avoir une relsation amicale et en plus moi, j'assume mes amitié, j'ai toujours assumé, a dit Jean-François Copé. Je l'ai toujours dit, j'étais invité, j'ai répondu à des invitations.»
«Par rapport à l'enquête, je n'ai rien vécu de tout cela (la campagne Balladur de 1995 - NDLR), notre amitié est bien postérieure. En 1993, j'avais 28 ans, je faisais la campagne de Jacques Chirac», a-t-il ajouté.
Il a dénoncé des «amalgames». Les liens entre Ziad Takiedinne et plusieurs personnalités de la majorité, dont Jean-François Copé mais aussi l'ancien ministre Brice Hortefeux et d'autres, semblent attestés par des photos de vacances publiées tout l'été par le site Mediapart.
Ziad Takieddine, intervenu dans deux très importants contrats d'armement des années 1990 au Pakistan et en Arabie Saoudite, qui fait aujourd'hui l'objet de l'enquête du juge Renaud Van Ruymbeke, n'a payé aucun impôt en France depuis environ dix ans, selon des documents publiés par Mediapart durant l'été.
Son ex-épouse a affirmé aux policiers qu'un contrôle fiscal avait été suspendu fin 2010 sur consigne d'une «autorité supérieure», qu'elle n'a pas nommée.
L'enquête du juge Renaud Van Ruymbeke porte sur un éventuel retour en France des commissions des contrats d'armement, pour un possible financement en espèces de la campagne Balladur. Deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, sont mis en examen pour ces faits présumés.