Les députés UMP préfèrent leur réélection à la sécurité routière
La suppression des panneaux annonçant les radars a entrainé une « révolte » chez les députés UMP, qui, selon Elie Arié, défendent leurs intérêts électoraux plutôt que l'intérêt général, au regard de la hausse du nombre de tués sur les routes.
L’affaire de la suppression des panneaux indiquant la position des radars mesurant la vitesse des automobiles est à désespérer de la démocratie.
De quoi s’agit-il ? Face à un relâchement croissant du respect des vitesses maximales autorisées, ayant entraîné une hausse soudaine de la mortalité sur les routes (+ 20 % en Avril 2011 par rapport à Avril 2010), le gouvernement a décidé d’un renforcement des mesures répressives, dont l’efficacité n’est plus à démontrer (baisse de 6,85 % en 2010, tombant au-dessous du seuil symbolique des 4 000 morts par an).
On sait (mais qui pouvait en douter ?) que, quelle que soit la cause d’un accident, le nombre de victimes est d’autant plus élevé qu’il se produit à une plus grande vitesse –et c’est bien sur le nombre de victimes (et non sur le nombre d’accidents) qu’agissent les limitations de vitesse.
Or, à quoi a-t-on assisté ? À une soudaine « révolte » de nombreux députés UMP, inquiets pour leur réélection face à l’impopularité de cette mesure, allant jusqu’à chahuter le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur, ce qu’ils n’avaient jamais osé faire jusqu’à présent.
Ce « courage » qui leur avait manqué face à des réformes que beaucoup disaient réprouver, comme le bouclier fiscal, la réforme de l’ ISF, la façon dont avait été menée la réforme des retraites, etc., leur est soudain venu face à l’ impopularité d’une mesure de santé publique dont l’efficacité n’est plus à démontrer, mais dont l’impopularité leur semblait compromettre davantage leur réélection : rarement la divergence entre la défense de l’intérêt général et la défense de leur intérêt personnel n’aura été illustrée de façon si piteusement spectaculaire.
Des paroles historiques ont été prononcées, aux accents révolutionnaires dignes de celles des Etats Généraux de 1789 ; Bernard Depierre, élu UMP de Côte-d'Or : « Il faut que le gouvernement l'entende. Le racket ça suffit! »...oubliant qu’il suffit, pour échapper à ce «racket » , de respecter les vitesses autorisées ; la démagogie a coulé à flots : « Arrêtons de stigmatiser ceux qui travaillent », a lancé Marie Hélène Thoraval, parlementaire UMP de la Drôme, comme s’il était impossible de travailler sans rouler à 150 km/h sur l’autoroute ; et, bien entendu, les bonnes vieilles recettes pour enterrer une décision ont été ressorties : « Une mission pourrait ainsi être dévolue à une mission d'information », explique Alfred Trassy-Paillogues, élu UMP de Seine-Maritime, dans un français approximatif, sans doute sous l’effet de l’émotion de vivre des moments historiques.
Au service de quelle noble cause se sont mises ces ardeurs révolutionnaires, aussi soudaines qu’inédites ? Au service de ceux de leurs électeurs qui n’entendent nullement respecter les limitations de vitesse, au service du droit sacré de ne pas respecter la loi, fortement compromis par la suppression des panneaux indiquant le positionnement des radars. Belle leçon d’incivisme assumé par « les représentants du peuple » qui entendent, avant toute autre considération, le rester.
De quoi s’agit-il ? Face à un relâchement croissant du respect des vitesses maximales autorisées, ayant entraîné une hausse soudaine de la mortalité sur les routes (+ 20 % en Avril 2011 par rapport à Avril 2010), le gouvernement a décidé d’un renforcement des mesures répressives, dont l’efficacité n’est plus à démontrer (baisse de 6,85 % en 2010, tombant au-dessous du seuil symbolique des 4 000 morts par an).
On sait (mais qui pouvait en douter ?) que, quelle que soit la cause d’un accident, le nombre de victimes est d’autant plus élevé qu’il se produit à une plus grande vitesse –et c’est bien sur le nombre de victimes (et non sur le nombre d’accidents) qu’agissent les limitations de vitesse.
Or, à quoi a-t-on assisté ? À une soudaine « révolte » de nombreux députés UMP, inquiets pour leur réélection face à l’impopularité de cette mesure, allant jusqu’à chahuter le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur, ce qu’ils n’avaient jamais osé faire jusqu’à présent.
Ce « courage » qui leur avait manqué face à des réformes que beaucoup disaient réprouver, comme le bouclier fiscal, la réforme de l’ ISF, la façon dont avait été menée la réforme des retraites, etc., leur est soudain venu face à l’ impopularité d’une mesure de santé publique dont l’efficacité n’est plus à démontrer, mais dont l’impopularité leur semblait compromettre davantage leur réélection : rarement la divergence entre la défense de l’intérêt général et la défense de leur intérêt personnel n’aura été illustrée de façon si piteusement spectaculaire.
Des paroles historiques ont été prononcées, aux accents révolutionnaires dignes de celles des Etats Généraux de 1789 ; Bernard Depierre, élu UMP de Côte-d'Or : « Il faut que le gouvernement l'entende. Le racket ça suffit! »...oubliant qu’il suffit, pour échapper à ce «racket » , de respecter les vitesses autorisées ; la démagogie a coulé à flots : « Arrêtons de stigmatiser ceux qui travaillent », a lancé Marie Hélène Thoraval, parlementaire UMP de la Drôme, comme s’il était impossible de travailler sans rouler à 150 km/h sur l’autoroute ; et, bien entendu, les bonnes vieilles recettes pour enterrer une décision ont été ressorties : « Une mission pourrait ainsi être dévolue à une mission d'information », explique Alfred Trassy-Paillogues, élu UMP de Seine-Maritime, dans un français approximatif, sans doute sous l’effet de l’émotion de vivre des moments historiques.
Au service de quelle noble cause se sont mises ces ardeurs révolutionnaires, aussi soudaines qu’inédites ? Au service de ceux de leurs électeurs qui n’entendent nullement respecter les limitations de vitesse, au service du droit sacré de ne pas respecter la loi, fortement compromis par la suppression des panneaux indiquant le positionnement des radars. Belle leçon d’incivisme assumé par « les représentants du peuple » qui entendent, avant toute autre considération, le rester.
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