Le retour des éléphants
Ils barrissent de nouveau. Silencieux depuis la victoire de François Hollande à la primaire, les éléphants du PS montent à nouveau en première ligne face à Nicolas Sarkozy. Jeudi soir, après le discours de Toulon du chef de l’Etat, Martine Aubry a multiplié les interventions sur les télévisions et les radios et Laurent Fabius fera de même dans les prochains jours.
Aubry veut peser
Dans l’entourage de Hollande, certains soupçonnent un double jeu de la première secrétaire. L’accord avec les écologistes qu’elle a négocié avec ses équipes a notamment du mal à passer. « Elle a décidé d’imposer son rythme, ses alliances et ses amis », grince un cadre socialiste qui estime que le PS a trop cédé aux écologistes et que les soutiens de Hollande ont été lésés dans la répartition des circonscriptions. « Elle veut avoir dans la future assemblée une majorité de députés qui la soutient pour peser sur la suite », redoute un élu. L’entourage de la première secrétaire fait remarquer que certains de ses proches, eux aussi, n’ont « pas été servis » et que les lieutenants de Hollande étaient associés aux négociations. Mais les soupçons persistent et ont été renforcés par le silence médiatique d’Aubry ces dernières semaines.
« C’est normal, assure son bras droit François Lamy, il y avait une période d’installation de la campagne de Hollande et Martine ne voulait pas le gêner. Maintenant que c’est calé, on travaille de concert, tout est prévu et coordonné. » Pour expliquer le long silence de la première secrétaire, un de ses soutiens a aussi une autre hypothèse. : « Martine a subi une grosse déception aux primaires. Elle a eu besoin d’une phase de décompression. » Aubry va désormais être plus présente. Pas question pour elle de laisser penser que la victoire peut se faire sans elle.
Fabius au travail
L’ancien Premier ministre a aussi eu besoin de digérer la victoire de Hollande. Dans la campagne des primaires, Laurent Fabius avait d’abord soutenu Dominique Strauss-Kahn avant de choisir Aubry. La désignation de Hollande l’a d’autant plus déçu qu’il est de notoriété publique que les deux hommes ne s’apprécient guère.
Le « sage actif » comme il aime se définir lui-même a donc attendu d’être sollicité pour sortir de son silence. Avant les primaires, la première secrétaire lui avait demandé de travailler sur les mesures à prendre durant la première année au pouvoir en cas de victoire du PS en 2012. Fabius a remis un document d’une centaine de pages à Aubry et… à Hollande qui a souhaité qu’il poursuive ce travail en association avec le projet du candidat qui sera présenté fin janvier. « Il m’a également demandé de le représenter dans une série de voyages à l’étranger comme en Chine ou au Moyen-Orient, car il ne pourra aller partout pendant la campagne », se vante Fabius.
A quatre mois de la présidentielle, les poids lourds ne veulent donc pas rester sur le bas-côté. Fabius et Aubry savent que le « peuple de gauche » ne leur pardonnerait pas de rejouer le match de la division qui avait en partie causé la défaite de Ségolène Royal en 2007. Tous savent aussi qu’en cas de défaite de Hollande, c’est aussi leur carrière qui s’arrêtera net.
Dans l’entourage de Hollande, certains soupçonnent un double jeu de la première secrétaire. L’accord avec les écologistes qu’elle a négocié avec ses équipes a notamment du mal à passer. « Elle a décidé d’imposer son rythme, ses alliances et ses amis », grince un cadre socialiste qui estime que le PS a trop cédé aux écologistes et que les soutiens de Hollande ont été lésés dans la répartition des circonscriptions. « Elle veut avoir dans la future assemblée une majorité de députés qui la soutient pour peser sur la suite », redoute un élu. L’entourage de la première secrétaire fait remarquer que certains de ses proches, eux aussi, n’ont « pas été servis » et que les lieutenants de Hollande étaient associés aux négociations. Mais les soupçons persistent et ont été renforcés par le silence médiatique d’Aubry ces dernières semaines.
« C’est normal, assure son bras droit François Lamy, il y avait une période d’installation de la campagne de Hollande et Martine ne voulait pas le gêner. Maintenant que c’est calé, on travaille de concert, tout est prévu et coordonné. » Pour expliquer le long silence de la première secrétaire, un de ses soutiens a aussi une autre hypothèse. : « Martine a subi une grosse déception aux primaires. Elle a eu besoin d’une phase de décompression. » Aubry va désormais être plus présente. Pas question pour elle de laisser penser que la victoire peut se faire sans elle.
Fabius au travail
L’ancien Premier ministre a aussi eu besoin de digérer la victoire de Hollande. Dans la campagne des primaires, Laurent Fabius avait d’abord soutenu Dominique Strauss-Kahn avant de choisir Aubry. La désignation de Hollande l’a d’autant plus déçu qu’il est de notoriété publique que les deux hommes ne s’apprécient guère.
Le « sage actif » comme il aime se définir lui-même a donc attendu d’être sollicité pour sortir de son silence. Avant les primaires, la première secrétaire lui avait demandé de travailler sur les mesures à prendre durant la première année au pouvoir en cas de victoire du PS en 2012. Fabius a remis un document d’une centaine de pages à Aubry et… à Hollande qui a souhaité qu’il poursuive ce travail en association avec le projet du candidat qui sera présenté fin janvier. « Il m’a également demandé de le représenter dans une série de voyages à l’étranger comme en Chine ou au Moyen-Orient, car il ne pourra aller partout pendant la campagne », se vante Fabius.
A quatre mois de la présidentielle, les poids lourds ne veulent donc pas rester sur le bas-côté. Fabius et Aubry savent que le « peuple de gauche » ne leur pardonnerait pas de rejouer le match de la division qui avait en partie causé la défaite de Ségolène Royal en 2007. Tous savent aussi qu’en cas de défaite de Hollande, c’est aussi leur carrière qui s’arrêtera net.
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