Guéant, DSK et le "Bois de Boulognegate" : un contrôle pour un feu rouge grillé ?

Publié le par DA Estérel 83

lePlusObs  > Par Bruno Roger-Petit

 

 

 

Pour avoir évoqué un contrôle de police de DSK au Bois de Boulogne, Claude Guéant risque d'être mis en difficulté politique. Que s'est-il passé ce fameux soir de décembre 2006 ?

 

 

 

 

DSK, le bois de Boulogne, le contrôle policier, Claude Guéant... Il a suffi d'une petite phrase du ministre de l'Intérieur au JDD paru ce dimanche pour que s'ouvre un nouvel épisode du feuilleton DSK.

 

Passons rapidement sur l'aspect le plus évident de l'affaire : dans la forme comme dans le fond, en procédant de manière allusive Claude Guéant ne pouvait que mettre en route la machine à imaginaire contre DSK : la simple juxtaposition des mots "DSK" "contrôle de police" et "bois de Boulogne" incarne à la perfection le dispositif de mise à feu d'un cocktail médiatique détonnant. Si c'était l'objectif, c'est réussi.

 

Depuis, les supputations, interrogations, indignations, politiques et journalistiques, se bousculent. Ce matin, humblement et modestement, on formulera ici deux remarques.

 

1/ Claude Guéant ne peut être quitte à bon compte de l'opération à laquelle il s'est livré. Compte tenu des enjeux, de la dimension d'une révélation qui vient s'inscrire dans un contexte plus que particulier, le ministre de l'Intérieur doit livrer tous les éléments à sa disposition. Dire ce qu'il sait et ne pas en rester au stade de l'allusion que l'on soupçonne un rien perverse. (à lire ICI l'imparable et impeccable argumentaire à ce sujet de Serge Raffy).

 

2/ Transparence oblige, je dois ici mentionner le fait que j'avais entendu parler de cette affaire de contrôle policier à proximité du bois de Boulogne. Un très proche de Dominique Strauss-Kahn, peu de temps avant le 14 mai dernier, durant la folle semaine de l'affaire de la Porsche, m'en avait parlé de lui-même, de sa propre initiative, désireux qu'il était de me démontrer que DSK faisait l'objet de rumeurs malveillantes à quelques semaines de déclarer sa candidature à l'élection présidentielle.

 

Ce proche m'avait donc révélé, à titre d'exemple, que l'on parlait beaucoup, dans certains cercles politiques et médiatiques, d'un contrôle de police ayant eu lieu à la fin de l'année 2006. Il m'avait expliqué que les circonstances du dit contrôle n'avait absolument rien à voir avec ce que la mention "bois de Boulogne" pouvait suggérer dans l'imaginaire commun, me précisant qu'à l'époque DSK habitait à deux cents mètres de là, avenue du maréchal Maunory, et qu'il rentrait chez lui. Enfin, il avait ajouté que cette rumeur se répandait parce que justement, elle présentait toutes les qualités pour s'épanouir dans le milieu politico-journalistique. J'avais écouté tout cela sans me douter que je ce que je pensais être une simple anecdote allait devenir six mois plus tard un objet de débat public avec polémique à l'appui.

 

Ajoutons à cette version qu'aux pages 266-267 de son dernier livre (Affaires DSK, la contre enquête) Michel Taubmann apporte un élément d'information sur le sujet : ce soir là de décembre 2006, DSK rentrait de réunion publique à Sarcelles, en compagnie d'une collaboratrice, et selon les investigations du journaliste, le futur directeur du FMI aurait fait l'objet d'un contrôle policier pour avoir grillé un feu rouge Place de Colombie. Rien de plus, rien de moins (détail relevé également par d'autres lecteurs du livre de Taubmann). Voilà pour la version côté DSK, version qui a le mérite, pour le moment, d'être précise et mériterait sans doute d'être confrontée à celle, pour le moment floue, de Claude Guéant.

 

Entre un feu rouge grillé et un éventuel contrôle au bois de Boulogne pour d'autres raisons, chacun comprendra qu'il existe une différence quant au choix de faire de cette histoire de contrôle un objet de débat public et que cela mérite d'être examiné, notamment eu égard à la déclaration du ministre de l'Intérieur.

 

Dernière réflexion, petit sujet de méditation pour le reste de la journée : pourquoi les deux journalistes du JDD ont-ils eu l'idée de poser cette question là, à ce moment là, à Claude Guéant, dans le cours d'un entretien où elle parait arriver comme un cheveu sur la soupe ? Qu'il soit permis de confesser notre interrogation à ce sujet, interrogation pour le moment sans réponse...

 

Publicité

Publié dans Affaires

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article