Le détail de la banque publique de François Hollande

Publié le par DA Estérel 83

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La nouvelle structure publique de financement proposée par le candidat socialiste serait détenue par l’État et la Caisse des dépôts. Elle comporterait une branche “fonds propres” et une branche “crédits”. Cette dernière serait alimentée par le futur “livret d’épargne industrie” qui attirerait, espère l’entourage de François Hollande, 20 à 25 milliards d’euros.


Déjà surnommé “la BPI” au QG de François Hollande, le premier des 60 engagements du candidat socialiste – la création d’une “Banque publique d’investissement” – se précise. L’objectif est de réunir sous une même enseigne l’entreprise publique de financement des PME Oséo, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et CDC entreprises.“La Banque publique d’investissement ne sera pas une pâle copie du système actuel, contrairement à ce que sous-entend la droite, mais un nouvel établissement financier public avec une puissance de feu sans commune mesure, une meilleure visibilité et un véritable ancrage territorial”, expose un conseiller de François Hollande.

Pour la puissance de feu, la nouvelle entité bénéficiera de l’épargne fraîche des Français attirés par le doublement du plafond du livret de développement durable (de 6 000 à 12 000 euros), rebaptisé “livret d’épargne industrie”. Les techniciens du QG tablent sur une collecte de 20 à 25 milliards d’euros dans les quelques mois suivant sa mise en place.

Prêt direct
S’agissant du montage juridique, le scénario le plus probable est la création d’une entité codétenue par l’État et la Caisse des dépôts qui chapeauterait deux structures, l’une consacrée aux activités de crédits et l’autre aux activités de fonds propres. La première rassemblerait Oséo et tous les dispositifs de garantie, prêts et aides publiques assurés de manière éparpillée par les ministères, ainsi que les aides à l’exportation de la Coface. C’est cette branche “crédits” qui puiserait dans les 20 à 25 milliards d’euros du nouveau livret d’épargne industrie. Avec une nouveauté de taille : le droit de prêter directement aux PME, contrairement à Oséo, qui n’intervient aujourd’hui qu’en complément de prêts bancaires.

La seconde structure fusionnerait la filiale de la Caisse des dépôts spécialisée dans le capital investissement, CDC Entreprises, avec le Fonds stratégique d’investissement (FSI), détenu à 51 % par la Caisse des dépôts et doté de 20 milliards d’euros. La plupart des fonds sectoriels publics seraient aussi intégrés, à l’image du fonds nucléaire, du fonds ferroviaire, du fonds automobile, des fonds Ademe ou du fonds numérique. “L’objectif est de limiter le nombre d’interlocuteurs sur le terrain pour les entreprises et les élus locaux”, décrypte-t-on dans l’entourage de François Hollande. Les crédits non utilisés du grand emprunt, que la gauche estime à au moins 2 milliards d’euros, viendront également abonder cette branche “fonds propres”.

Antennes régionales
Côté gouvernance, les conseils régionaux seraient largement représentés dans les instances nationales de la Banque publique d’investissement. “Nous souhaitons instaurer un vrai dialogue stratégique entre l’État et les régions sur les priorités de l’établissement”, insiste le même conseiller de François Hollande. À l’échelon régional, des plates-formes réunissant des représentants des deux branches de la BPI et des conseils régionaux affineront les choix pour répondre au mieux aux besoins des entreprises locales. Au passage, les conseils régionaux récupéreraient les crédits d’Oséo Innovation dans leur budget propre. Une décision découlant de la nouvelle étape de décentralisation voulue par François Hollande, qui prévoit de confier aux régions le soutien aux PME.

Le 14 mars, à Marseille, le candidat socialiste a également annoncé qu’il souhaitait que la Banque publique d’investissement ait une “filiale dédiée aux quartiers” pour développer l’entreprise dans les banlieues défavorisées. “Dans nos quartiers, y compris les plus déshérités, il y a tant de jeunes qui veulent entreprendre et ne le peuvent pas, qui vont vers une banque qui leur refuse le moindre microcrédit, qui vont vers des actionnaires qui leur refusent leur concours, a déclaré François Hollande.Je veux que la Banque publique d’investissement ait une filiale dédiée aux quartiers pour développer l’entreprise dans ces quartiers et faire naître ces projets qui ne voient pas le jour.”

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Publié dans HOLLANDE

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