La Rochelle : les tacles de Ségolène Royal
Pour contrer Nicolas Sarkozy, hier à La Rochelle, la présidente de la région Poitou-Charentes a dénoncé les « promesses non tenues ».
Ségolène Royal avec Pascal Sabourin, président de l'Imprimerie rochelaise. (Photo Dominique Jullian)
Dix, quinze fois ou davantage… Difficile de compter le nombre de « promesses non tenues par le candidat UMP » citées par Ségolène Royal. « Promesses non tenues », un leitmotiv. « Promesses non tenues » : la raison de sa venue hier à La Rochelle, à l'Imprimerie rochelaise, à l'heure où Nicolas Sarkozy arrivait chez Alstom à Aytré.
Une visite d'entreprise improvisée pour justement prendre le contre-pied. Improvisée mais bien organisée tout de même. En effet, Ségolène Royal a fait intervenir, dont un par téléphone, trois délégués syndicaux d'entreprises qui ont connu ou connaissent de graves turbulences.
En direct depuis Arcelor
Le premier, Édouard Martin, téléphonait depuis le site d'ArcelorMittal de Florange (aciérie) entouré de ses collègues qui craignent l'arrêt définitif du site mosellan (1). Il témoignait de sa souffrance et annonçait l'intention des salariés de confisquer les outils de production.
Le deuxième, Dominique Duval de New Fabris, dans la Vienne (l'équipementier automobile aujourd'hui disparu), a raconté le combat de six mois. Vain. « On nous a promis de maintenir les 400 emplois, le bilan c'est 30 % des salariés qui ont retrouvé un travail dont une bonne partie à leur compte et ils sont très inquiets. Le ministre Estrosi nous a fait des promesses, il ne les a pas tenues. Il est grand temps que ce gouvernement fasse ses valises, nous, on va le licencier et on ne lui donnera pas d'indemnités ».
Enfin, le troisième, des Fonderies du Poitou, a expliqué qu'aujourd'hui encore une audience au tribunal était prévue. Et de conclure : « On en a marre des promesses ».
Faut-il le dire. Tous ont loué le travail de Ségolène Royal.
«C'est trop facile»
Arrivée en Mia (la voiture électrique d'Heuliez) la présidente de Poitou-Charentes et candidate aux législatives dans la circonscription La Rochelle-Ré, a expliqué d'emblée qu'elle avait choisi de venir dans cette PME au moment où « le candidat UMP se rendait chez Alstom » .
Et de déclarer: « Il est important de rappeler que trop de salariés souffrent des promesses non tenues. C'est facile d'aller chez Alstom, où je suis moi-même allée plusieurs fois, cette entreprise que les régions soutiennent n'a pas de problèmes. Il n'est pas bien de s'approprier ce qui marche et de ne pas retourner dans les entreprises où des promesses n'ont pas été tenues. Pour les fonderies du Poitou par exemple, on attend toujours des commandes de Renault qui n'arrivent jamais. Maintenant, on se rend compte qu'il suffit d'un coup de fil du candidat pour sauver une entreprise. Pourquoi ces coups de fil n'ont-ils pas été passés pendant cinq ans? Nicolas Sarkozy va faire de la mise en scène dans une entreprise qui marche bien. Nous lui demandons d'aller voir ceux qui se lèvent tôt, comme il disait, et veulent travailler plus pour gagner plus…»
«Il faut aider les PME»
De son côté, Pascal Sabourin, président de l'imprimerie rochelaise et président en Charente-Maritime de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) a précisé qu'il avait l'intention de profiter du débat électoral pour faire passer un message. Il rappelle que les PME créent de l'emploi mais, à son avis, elles ne sont pas assez « respectées ». « Elles ont des problèmes vis-à-vis des banques et elles ont aussi du mal à avoir accès aux appels d'offres. Les marchés s'en vont à l'étranger. Il faut confier le marché aux entreprises qui font du développement noble. Mais nous ne sommes pas des pleureuses, c'est un discours de combat ».
L'Imprimerie rochelaise emploie 50 salariés.
(1) Pendant ce temps, à Aytré, Nicolas Sarkozy affirmait « on fera tout pour que Florange rouvre ».