La griserie du beau rôle

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Demain à Paris c'est le grand métingue. Nation - Bastille derrière «Merluche», le frisson de l'histoire ouvrière dans le dos, la perspective de lendemains qui chantent à l'horizon. Les partisans du Front de gauche ont l'humeur printanière. Les sondages (TNS-Sofres publié hier), qui ne reculent devant aucune mesure, notent que leur héraut, Jean-Luc Mélenchon, a «la meilleure dynamique de campagne, pour la seconde semaine consécutive».

Le résultat est là, il dépasse les 10% d'intentions de vote. Les communistes qui avaient, pour certains, traîné les pieds avant de faire allégeance à un ancien du PS, peuvent s'en pâmer d'aise. Ils étaient sous leur propre bannière à 2 et 3,5% lors des deux dernières présidentielles. Mélenchon a gagné son pari, faire prendre la mayonnaise entre déçus du PS, communistes et une frange de l'extrême gauche. Le tribun excelle dans l'organisation de la campagne et dans les meetings. Il a réuni plus de huit mille personnes mercredi soir à Clermont-Ferrand.

Jean-Luc Mélenchon apporte la radicalité de ses propositions, il exprime ce que le peuple de gauche a envie d'entendre. C'est toute sa force mais aussi toute sa limite que résume sa dernière proposition de la semaine: «il faut nationaliser Total». C'est aussi beau que son appel à «l'insurrection civique» qui vaut slogan et fait moins peur au bourgeois que le mot «révolution». Mais qui peut croire, sauf à s'asseoir sur l'État de droit, que Total soit nationalisable par un prochain gouvernement sans le sou?

Mélenchon se donne le beau rôle du roc nécessaire qui retiendrait la dérive de la sociale-démocratie «hollandaise» vers quelque «blairisme» ou mesures drastiques à la Gerhard Schröder. Sans doute Mélenchon peut-il se vanter d'avoir sa part d'influence. François Hollande s'est «gauchisé» en annonçant une imposition à 75% des revenus au-dessus du million d'euros puis, avant-hier soir sur France 2, le rétablissement de l'impôt sur la fortune.

Grisé par sa progression, et mu par une détestation personnelle de François Hollande qui ne peut pas être anodine dans ce type d'élection, Jean-Luc Mélenchon va marcher sur un fil dans son combat, selon ses propres termes, «contre un adversaire, Sarkozy, et contre un concurrent, François Hollande». «L'adversaire» ne manque d'ailleurs pas une occasion ces derniers temps de trouver des qualités à Jean-Luc Mélenchon. Plus le Front de gauche progressera, et plus François Hollande, qui a marqué le pas cette semaine dans les sondages, sera menacé d'être déstabilisé dans une campagne qu'il a pour l'heure maîtrisée.

Au jeu du bon vieux temps et des rêves de grand soir, c'est toute la gauche qui joue gros.

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Publié dans Gauche

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V
qui n'a pas lu le bouquin non seulement excellent mais aussi très pédagogique sur la valeur des propositions du FDG "nous on peut" de jacques Généreux pas mal de monde dont l'auteur de ce pamphlet<br /> !!
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