La famine comme arme

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Des enfants décharnés aux yeux vides, des femmes assises à même le sol poussiéreux attendant la distribution chaotique d'une maigre pitance, des vieillards édentés dont le regard dit déjà l'ultime résignation: une nouvelle fois, ces images font irruption via nos télés et nos journaux au coeur de notre été. Images d'une Corne de l'Afrique qui, une fois encore, est frappée par une terrible famine.

Les organisations humanitaires, l'Onu, la Banque mondiale nous disent que 12 millions de personnes pourraient mourir entre le Kenya, l'Ethiopie, Djibouti, l'Ouganda et surtout en Somalie où la situation est la plus catastrophique.

Hier, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a tenu, à la demande de Nicolas Sarkozy qui, actuellement, préside le G20, une réunion d'urgence à Rome. Hier toujours, la Banque mondiale a d'ores et déjà décidé d'octroyer 500 millions de dollars.

Les experts expliquent que cette catastrophe humanitaire est due à la pire sécheresse dans cette région d'Afrique depuis 60 ans. Sans doute. Pour autant, cette sécheresse n'est pas le seul facteur -loin de là- qui explique une telle tragédie. Les conflits permanents, une gouvernance totalement défaillante, une corruption à tous les étages pèsent bien plus lourd que le réchauffement climatique...Le (mauvais) exemple de la Somalie, pays le plus touché par cette crise humanitaire, illustre jusqu'à la caricature la façon dont un gouvernement inepte d'un côté et des bandes armées de fanatiques de l'autre peuvent mettre un pays et sa population à genoux.

Le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, un Africain qu'on ne peut soupçonner de parti pris, est le premier à dénoncer «une crise alimentaire totalement liée aux destructions provoquées par l'insurrection». Et pourtant, après avoir déjà expulsé lors d'une première famine la plupart des organisations humanitaires en 2005, les shebabs, ces insurgés islamistes liés à Al-Qaïda qui contrôlent une grande partie de la Somalie, viennent à nouveau de rejeter la main tendue par les organisations internationales.

Leur porte-parole Cheikh Ali Mohamoud Rage vient de faire une déclaration surréaliste d'où il ressort que le pays «n'est pas en état de famine» et que ceux qui chercheraient à y pénétrer ne «seraient pas les bienvenus».

Comment l'ONU peut-elle réagir à une aussi sinistre provocation ? Comment est-il possible de mettre fin à une aussi massive prise d'otages qui menace directement la vie de 12 millions de personnes ? Bref, comment intervenir ? Faut-il parachuter des vivres au risque de les voir détournés ? Faut-il, au nom du principe d'ingérence, envoyer des convois escortés militairement ? Et si Al-Qaïda n'attendait que cela pour ouvrir un nouveau front et remonter le ressort du djihad ? Nouveau casse-tête pour la communauté internationale.

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Publié dans Etranger

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V
<br /> Il ne sert à rien de philosopher sur ce problème, il faut agir. L'UNICEF présent en permanence sur place depuis plus de 20 ans attends vos dons, ils pourront faire quelques choses car leur<br /> personnel sur place sont des somaliens !<br /> <br /> <br />
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