L'UMP brise l'union nationale prônée par Sarkozy
Couac intempestif ou sortie délibérée? Alors que le chef de l'Etat prône à longueur d'allocution la nécessité de l'union nationale, Valérie Rosso-Debord, députée UMP de Meuthe-et-Moselle, comme son collègue Sébastien Huygues, deux proches du patron de l'UMP Jean-François Copé, ont pris l'initiative d'envoyer des communiqués de presse en dissonnance avec la parole présidentielle.
Alors que la consigne dans le camp Sarkozy était de rester en retrait des polémiques -en tout cas de ne pas les alimenter-, manière de capitaliser sans s'exposer, la déléguée générale adjointe de l'UMP a choisi de s'en affranchir en s'étonnant «de la prise de position de certains candidats à l'élection présidentielle suite aux tragédies de Montauban et de Toulouse», avant d'accuser François Hollande et Marine Le Pen de tenter «d'instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame».
Contre le candidat socialiste, la charge se fait plus précise: «Quant à François Hollande, qui évoque dans un communiqué la demande de sécurité et de protection des Français: qu'a-t-il fait avec son groupe au Parlement pendant les cinq années qui viennent de s'écouler pour assurer ces éléments essentiels de la République?», fait mine de s'interroger Rosso-Debord. Avant de tacler: «Ce n'est certainement pas avec leur politique de proximité que le tueur présumé de Toulouse et Montauban aurait été localisé».
François Hollande réagit à la tuerie de Toulouse par francoishollande
Porte-parole de François Hollande, le député PS Bernard Cazeneuve a rétorqué dans un communiqué que «face à la tragédie qui a frappé notre pays, aucune polémique n'est de mise, aucun abaissement ne saurait être toléré». En appelant au respect d'une «éthique de la responsabilité», le député de la Manche a estimé que «cette retenue dans les circonstances devrait s'imposer à chacun» et qu'il est«regrettable que Valérie Rosso-Debord et certains de ses amis ne se soient pas conformés à cette exigence républicaine» pour tenir «des propos indignes». Et Cazeneuve de juger qu'«il appartient à la direction de l'UMP de rappeler ces principes à ses membres».
Jouant sur les mêmes ressorts que sa collègue de Meurthe-et-Moselle, le député UMP Sébastien Huygues a lui aussi attaqué frontalement François Hollande qui, «sans avoir l'air de vouloir y toucher», profiterait«de ces occasions pour retomber dans la politique politicienne et l'instrumentalisation des événements en cours, en fustigeant le traitement de la délinquance, la non-exécution des peines ou la récidive». Et l'élu du Nord de rappeler que le socialiste a «voté contre tous les textes portés par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, et sa majorité, pour lutter contre la délinquance des mineurs, la récidive ou favoriser l'exécution des peines».
Seul François Bayrou, parmi le quatuor en tête dans les sondages, a été épargné par les attaques de l'UMP. Un hasard ou volonté de préserver le candidat centriste, qui a pourtant refusé de mettre sa campagne entre parenthèses. «Depuis des années, nous vivons une montée continue des intolérances et de la violence, un délitement de la société, qui est pour moi un des sujets les plus graves de la situation de notre pays, a ainsi assuré le candidat du Modem aujourd'hui dans Libération. J’ai toujours combattu les gens qui se servaient des passions noires pour les faire flamber...»