L'art de se tirer une balle dans le pied

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

 

Ce dernier rebondissement témoigne une nouvelle fois à quel point, à l'inverse des Verts allemands,les écologistes français manquent de maturité et de sens politique.

 

C'est la goutte d'eau qui a mis le feu aux poudres. Ou plus exactement c'est la non-réponse d'Eva Joly qui hier matin a fait déborder le vase déjà plein d'amertume des socialistes et provoqué un nouvel incendie chez les Verts. Hier en refusant de répondre à l'interrogation de Jean-Michel Apathie sur RTL lui demandant si au deuxième tour elle voterait pour François Hollande, Eva Joly a fait encore plus fort que Georges Marchais et ce silence aussi interminable que révélateur que le secrétaire général du parti communiste avait soigneusement ménagé quand, à l'aube des années 80, on lui demandait s'il faisait confiance à François Mitterrand... 

Après un long week-end de bouderie passé à essayer de digérer un accord sur le nucléaire entre PS et EELV qui à l'évidence continue à lui rester en travers du gosier, Eva Joly n'avait déjà pas donné dans la dentelle depuis son retour en scène. Du côté du PS on avait serré les dents quand on s'était fait traiter d'«archaïques». François Hollande avait préféré ne pas réagir quand, mardi matin, dans le journal «Le Monde», l'ancienne magistrate l'avait accusé «d'être du bois dont on fait les marionnettes». La direction des Verts avait elle aussi préféré mettre en avant la forte personnalité d'Eva Joly pour tenter d'avaler le procès en pratique d'épicerie électorale et abus de confiance instruit à l'encontre de ses négociateurs. Mais là, à l'évidence, trop c'est trop.

Même pour des Verts pourtant habitués aux convulsions. Résultat: en quelques minutes Eva Joly avait perdu son porte-parole, Yannick Jadot, et essuyait des critiques en rafale de son propre camp. Parmi les plus sévères Daniel Cohn-Bendit dénonçant «une fausse stratégie qui nous amène dans le mur» ou encore Noël Mamère qui demande à Eva Jolyy «de sortir du flou et de revenir au mandat qui lui a été donné au moment des primaires».

Sous la pression, Eva Joly a finalement été obligée de se fendre d'un communiqué pour expliquer que naturellement elle voterait Hollande au second tour... Ce dernier rebondissement témoigne une nouvelle fois à quel point, à l'inverse des Verts allemands, les écologistes français manquent de maturité et de sens politique. A chaque élection présidentielle, ils nous refont une poussée de boutons aussi prévisible qu'une épidémie de varicelle pour des enfants.

Ce n'est sans doute pas un hasard si hier les deux seuls soutiens à Eva Joly sont venus de Dominique Voynet qui elle-même s'en est vue avec ses camarades lors de la dernière présidentielle et surtout d'Alain Liepiezt désigné par les siens en 2001 avant de devoir céder la place à Mamère. Entre radicalité et principe de réalité, les Verts français semblent condamnés à toujours balancer. Une valse-hésitation qui plombe leur crédibilité. Et par ricochet celle de ceux qui se pacsent avec eux. A l'Elysée, on ne doit pas pleurer.

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Publié dans HOLLANDE

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