Karachi: "J'exige que le président s'explique"
Les réactions politiques se multiplient ce lundi, suite aux révélations de Libération sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Karachi. La gauche réclame une transparence que le gouvernement prétend pourtant déjà fournir.
"Il est temps que le président, je l'exige, s'explique sur cette affaire d'Etat", a déclaré Manuel Valls, ce lundi matin sur France 2. Le directeur de la communication de la campagne de François Hollande est revenu sur l'affaire Karachi, après les dernièresinformations publiées lundi du quotidien Libération.
"Nous le devons aux familles des victimes", a-t-il poursuivi, au sujet de cette affaire d'attentat au Pakistan, datant de mai 2002, qui a fait fait 15 morts, dont 11 Français employés de la DCN.
Un ex-haut fonctionnaire a confirmé en décembre au juge qui enquête sur l'affaire Karachi que Nicolas Sarkozy, ministre du Budget en 1994, avait validé la création d'une société luxembourgeoise servant à payer des intermédiaires dans des contrats d'armement, selon Libération de lundi.
"Nous jouons la transparence"
"Cela fait plusieurs semaines que nous demandons à l'Assemblée que le président s'explique devant les Français", a insisté Manuel Valls, mentionnant une question au gouvernement en décembre de la députée PS Delphine Batho "rappelant que Nicolas Sarkozy ministre du Budget savait forcément qu'il y a eu des commissions et peut-être, ce qui était interdit, des rétrocommissions".
Plusieurs réactions politiques se sont déjà fait entendre sur cet article. La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, sur France Inter, a déclaré que "le gouvernement a systématiquement déclassifié ce qui était autorisé à la déclassification et accompagné la justice de toutes les manières qu'il pouvait pour que la justice puisse faire son travail".
"C'est une affaire qui remonte à plus de 20 ans aujourd'hui. Il y a une enquête judiciaire qui est en cours. A chaque fois que le gouvernement était sollicité pour fournir des informations à la justice, il l'a fait. Dons nous jouons la transparence, et laissons l'enquête judiciaire se dérouler, à commenté le ministre de l'Education, Luc Chatel, sur i-Télé. Attendons les faits et non pas de supposées déclarations via voie de presse".
"Il ne pouvait pas ne pas être au courant"
Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, était lui l'invité de RTL. "Je vais être extrêmement prudent parce que je ne crois pas qu'une campagne doive se faire dans un climat d'affaires ou d'affairisme". Mais "il faudra bien qu'un jour, et Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy s'expliquent sur le financement de cette étrange campagne ou l'étrange financement de cette campagne" a-t-il réclamé.
"Sur des dossiers comme ceux-là, évidemment, le ministre de l'époque ne pouvait pas ne pas être au courant". "Si surtout il s'agit d'une affaire de rétrocommissions, ce que la justice devra prouver, c'était évident qu'au plus haut sommet de l'Etat ce type de système était validé" a renchéri Benoît Hamon, porte-parole du PS, sur France Inter.