Jean-Christophe Cambadélis : "À gauche, la machine à perdre est de retour"
Proche de Dominique Strauss-Kahn, le député de Paris s'inquiète de la multiplication des candidatures dans l'opposition.
On savait Jean-Christophe Cambadélis quelque peu irrité par l'adoption du calendrier primaire du PS. Ce proche de Dominique Strauss-Kahn souhaitait une désignation du candidat pour 2012 en novembre 2011, pour que le patron du FMI puisse démissionner de son poste certes prématurément, mais dans les meilleures conditions possible.
Mais le PS a opté pour un premier tour le 9 octobre et pour un second tour le 16 octobre, et Cambadélis s'est abstenu. Lundi matin, le député de Paris laisse éclater au grand jour sa colère. Dans un post au vitriol publié sur son blog, il s'en prend à peu près à toute la classe politique de gauche, en passant donc par ses camarades. "Ségolène Royal mine le respect du calendrier pour mieux sous-entendre que Martine Aubry ou DSK n'ont pas d'appétit, démontrant, s'il en était besoin, qu'elle ira jusqu'au bout", s'emporte-t-il avant de pointer "les sondages hors norme" qui préparent "des baisses déstabilisatrices et instillent les affres de la division".
Cambadélis s'inquiète en fait que les observateurs traduisent un léger tassement de son champion dans les dernières études. Si DSK reste très haut, écrasant Sarkozy au second tour et étant le seul en mesure de passer devant lui dès le premier tour, Martine Aubry creuse son sillon chez les sympathisants de gauche, qui voteront à la primaire. Et François Hollande s'installe en position de candidat de plus en plus crédible.
"Un brouhaha bavard"
Dans ce texte intitulé "À gauche, la machine à perdre est de retour", Cambadélis élargit le champ de la critique aux autres partis de gauche. Il fustige Jean-Luc Mélenchon, ex-socialiste et nouveau candidat à la présidentielle sous les couleurs de son Parti de gauche. Selon Cambadélis, Mélenchon, qui s'oppose, il est vrai, autant à la politique de Nicolas Sarkozy qu'à celle de DSK, "fait de la défaite du PS un choix stratégique".
Les Verts sont aussi dans le viseur du sniper strauss-kahnien. Selon lui, "avec Nicolas Hulot", ils s'éloignent "du pacte à gauche".
"Non seulement nous sommes à dix candidats aux primaires socialistes, avec comme conséquence un brouhaha bavard", constate-t-il finalement, mais, ajoute-t-il, "les candidatures se multiplient à gauche, bonjour le deuxième tour, s'il y en a un". Pas sûr que la démesure de sa colère soit de nature à apaiser les esprits.