Il y a des claques qui se perdent

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

La fessée va-t-elle devenir hors-la-loi en France? Dès aujourd'hui en tout cas, la Fondation de l'enfance va diffuser une campagne à la télé avec ce slogan «Eduquons nos enfants sans violence. Ni claque ni fessée». Une campagne qui tombe à pic pour étayer le combat de la députée UMP et pédiatre, Edwige Antier, à l'origine d'une proposition de loi qui pourrait purement et simplement conduire les parents qui ont la main trop leste devant un juge. 

Même si de tels interdits existent dans une vingtaine d'autres pays sans qu'on puisse d'ailleurs en tirer pour l'heure le moindre enseignement sérieux, comment ne pas une nouvelle fois s'interroger sur une pareille propension à légiférer sur tout et n'importe quoi? Comment ne pas dénoncer cette incohérence doublée de lâcheté qui conduit à préférer parler d'«incivilités» quand un bus est caillassé ou un prof molesté alors que dans le même temps on choisit de dramatiser la petite fessée d'une mère excédée en l'élevant au niveau de «violence éducative»? 

A croire que certains de nos politiques s'acharnent à masquer leur incapacité à résoudre les vrais problèmes qui se posent aujourd'hui pourtant avec une acuité terrible - chômage, déficits, pouvoir d'achat, environnement,multiplication des foyers de guerre, etc - en s'inventant quelques moulins à vent de pacotille tout juste bons à nous démontrer qu'ils continuent à avoir un rôle, une utilité. Bref, qu'ils existent... Qu'il y ait des parents dépassés ou mal-aimants comme aiment à dire les psy, qu'il y ait des enfants brutalisés, parfois même torturés par des parents pervers, personne ne peut évidemment le nier. 

Des faits divers tragiques viennent régulièrement nous le rappeler. Ce sont là d'authentiques violences qui sont évidemment et fort heureusement poursuivies et punies. Même si parfois la jutice intervient avec retard en raison de cette lâcheté dont nous parlions plus haut et qui conduit trop souvent des acteurs dont c'est pourtant le rôle à se renvoyer la responsabilité, ces violences n'ont rien de commun avec le geste d'une mère qui utilise la fessée comme dernier recours contre l'entêtement d'un gamin. 

Rien de commun non plus avec la petite tape d'un père qui montre ainsi à sa progéniture que la limite est franchie. Nous avons tous souvenir d'une claque arrivant après les sommations d'usage. Nous avons tous en mémoire la fessée qui tombait pour rappeler quel était notre devoir d'obéissance à l'autorité parentale. Etions-nous mal-aimés? Sommes-nous traumatisés? Au point même de reproduire sur d'autres ce traumatisme de l'enfance? Sans doute... Car enfin comment expliquer autrement que quand une député se mêle de s'introduire dans l'intimité des familles, on soit saisi par une irrésistible envie de lui administrer une bonne fessée?


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Publié dans Société

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