Hollande, le candidat qui gêne DSK
François Hollande appuie sur l’accélérateur, quitte à fâcher. Mercredi, l’ex-premier secrétaire du PS, candidat aux primaires socialistes, tiendra le premier meeting de sa campagne à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Un premier test pour celui qui, dans les sondages, a désormais le vent en poupe et provoque l’agacement des amis de Dominique Strauss-Kahn.
Le « cas » Hollande a d’ailleurs été évoqué la semaine dernière lorsque certains d’entre eux, dont Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Jacques Urvoas, Jean-Marie Le Guen… se sont réunis discrètement à l’Assemblée nationale : que faire face à ce challenger remuant sur le terrain et ultra-présent dans les médias? Le député de Corrèze est gênant.
Un conseil politique prévu tous les lundis
« Franchement, vous imaginez Hollande président de la République? On rêve! » a récemment taclé Laurent Fabius, l’un de ses ennemis intimes, en marge d’une rencontre avec des étudiants à Bordeaux (Gironde). En clair, sans avoir connu d’expérience ministérielle, Hollande n’aurait pas la stature. En maintenant sa candidature, il contribuerait, selon Cambadélis, « au risque de fragmentation » et compliquerait ainsi le retour de DSK. Ce que Julien Dray, ami d’Hollande, traduit d’une formule : « Ils ont une peur bleue des primaires! » Depuis quelques jours, l’agacement s’est encore accru. « Il est embêtant, à répéter à longueur d’interviews que Sarkozy est fini, tempête Urvoas. Rien de tel pour démobiliser la gauche et donner envie aux électeurs de choisir Mélenchon, Hulot ou un autre au premier tour. »
Autant de critiques qu’Hollande et ses amis font mine de ne pas relever. « On garde le rythme; quand on arrête de pédaler, on tombe de vélo. Donc il pédale », résume l’eurodéputé Kader Arif, l’un de ses proches. Pour le meeting, le lieutenant Stéphane Le Foll a battu le rappel des troupes. « Nous devons poursuivre et amplifier la dynamique dans les semaines à venir », lance-t-il dans son invitation. Dans les prochains jours, Hollande a aussi prévu de mettre en place autour de lui un conseil politique qui réunira ses plus proches, chaque lundi matin, pour mieux organiser la campagne. Après un déplacement à Dijon, le député de Corrèze, qui recevra, jeudi à Tulle, Nicolas Sarkozy, se rendra aussi prochainement dans le Doubs et en Haute-Garonne. Avant d’ouvrir une parenthèse internationale avec, en point d’orgue, une visite à Berlin le 8 mai sur le thème du couple franco-allemand. Tout un symbole.