Hollande large vainqueur, Sarkozy proche du KO
Par Renaudot
« Je vais l’exploser » ne cessait de plastronner Nicolas Sarkozy en parlant de François Hollande à l’occasion du débat. Méthode Coué pour s’auto-persuader ou pour redonner confiance à ses supporteurs ? Peu importe.
L’émission de près de trois heures s’est révélée être un véritable calvaire pour le président sortant, avec quatre stations – correspondant aux quatre thèmes de débat – au lieu de quatorze étapes. Mais c’était bien assez si l’on en juge le visage de Nicolas Sarkozy, qui palissait au fur et à mesure que le temps passait.
Face à face le candidat de la gauche, calme, posé, incisif, et le candidat de la droite agité, parfois agressif, embrouillé, bégayant à de nombreuses reprises, au dynamisme déclinant au fur et à mesure.
Un débat à front renversé. Nicolas Sarkozy devait « débusquer » son concurrent, mettre en évidence ses nombreux flous, mensonges, incohérences et revirements. Nicolas Sarkozy devait montrer que le caractère « mou » de François Hollande n’était pas taillé pour le job de président.
Durant tout le débat, c’est l’inverse qui s’est produit. Tout au long de l’émission, François Hollande n’a cessé de mettre en évidence les changements d’avis de Nicolas Sarkozy – sur l’Afghanistan, le voile islamique des jeunes filles à l’école, le vote des étrangers aux élections municipales, etc. –, ses mensonges – la liste est trop longue pour que nous pussions nous y attarder – et surtout ses échecs alors que Nicolas Sarkozy n’a cessé de tenter de fuir son bilan. C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du candidat de la gauche durant ce débat : avoir réussi à mettre Nicolas Sarkozy face à son bilan de président et rendre impossible toute échappatoire.
Loin d’être « mou », François Hollande a imposé son autorité au fur et à mesure dans le débat, mettant Nicolas Sarkozy sous l’éteignoir, alternant critiques de son adversaire et propositions : respectueux de son adversaire mais sachant le couper et le rappeler à l’ordre lorsqu’il dépassait les bornes de la mauvaise foi, montrant une hauteur de vue sur tous les sujets, un grand sens des responsabilités et la fermeté attendue de la part d’un chef de l’Etat sur les grands sujets qui intéressent les Français. Par exemple sur la question du droit de vote des étrangers sur laquelle il a été d’une grande clarté comme François Mitterrand l’avait été en 1981 sur la peine de mort.
A ces qualités que certains ont peut-être découvert ce soir, François Hollande a confirmé ce qu’on attendait : une compétence hors du commun, une connaissance des chiffres et des décisions prises supérieure au président sortant.
La preuve est ainsi apportée que François Hollande a toutes les qualités pour présider la France. Nicolas Sarkozy avait besoin, pour remonter son retard, de « débusquer » aux yeux des Français son concurrent. Il ressort du débat à la limite du KO, sous les yeux des Français.
