Hollande et Villepin proposent un arc républicain
Philippe Cohen - Marianne | Mardi 24 Août 2010
S'il a écouté les radios ce matin, Patrick Buisson, que l'on présente souvent comme l'un des inspirateurs du discours de Grenoble et du virage sarkozyste en matière de sécurité, a dû tendre l'oreille : voilà que le nouveau cours du Président suscite un véritable arc républicain allant de l'extrême gauche jusqu'à certains ministres et élus sarkozystes, qui plus ou moins à bas bruit, vilipendent la politique du patron. On avait observé les réserves d'un Alain Juppé ou d'un Gérard Larcher. Mais avec la parution du Monde d'hier et les tribunes de Dominique de Villepin et de Rachida Dati, la grogne d'une partie de la droite franchit un nouveau cap.
« Indignité nationale », « inefficacité », « une dérive qui ne sert en rien la sécurité », le chef de République solidaire a repris et développé le raisonnement tenu dans sa tribune du Monde. Il s'est montré offensif, montrant, un peu comme Ségolène Royal, que le gouvernement était en train de ternir l'image de la France dans le monde. Mais c'est surtout en martelant l'idée que « la droite ce n'est pas ça », que Villepin a tapé le plus fort. « Est-ce que les gaullistes se retrouvent ds cette politique ? Est-ce que les c&atholiques, les chrétiens démocrates se retrouvent dans cette politique ? »
L'ex-premier ministre a même balancé quelques nom de ministres mal à l'aise et malheureux, comme Michelle Alliot-Marie, qui s'en serait bien passé au moment où elle espère arriver à Matignon.
Dans l'esprit de François Hollande, qui a rappelé que c'est la droite qui avait validé l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, cet arc républicain doit rassembler « tous ceux qui croient qu"il n'est pas besoin de remettre en cause les principes de la République pour protéger les Français. » Il n'a toute fois pas précisé les formes qu'il pourrait prendre. Une pétition ? Une manifestation ? A suivre.
On notera toutefois la prudence et l'habileté du leader socialiste qui tient visiblement à se démarquer de tout angélisme sur la question.
Dominique de Villepin a raison de vilipender la politique sarkozyste au nom de l'efficacité. Le problème est que le mot d'indignité nationale résonne plus fort que celui d'inefficacité. Or, sur ce terrain-là, l'unité de « l'arc républicain » est loin d'être faite.