Fiscalité: l'Allemagne a bon dos!
03/12/2010
Idée de sujet pour sciences-po: «Vous avez commis une erreur politique majeure. Elle vous colle aux doigts comme le sparadrap du capitaine Haddock. Votre popularité est au plus bas. Il vous reste 18 mois pour redresser la barre avant les prochaines présidentielles. Vous devez effacer cette erreur politique sans donner l'impression de vous renier alors que vous en aviez fait un symbole de votre présidence». Vachard, comme sujet. Personnellement, j'aurais séché. Et pourtant, c'est ce sujet qu'a du affronter le staff de Nicolas Sarkozy pendant l'été. Le bouclier fiscal s'étant transformé en boulet fiscal pour le gouvernement, il fallait trouver une stratégie. Les communicants ont alors choisi de combattre le mal par le mal, d'utiliser le même alibi/mensonge pour défaire la boulette que pour la faire: l'Allemagne. Périlleux, osé, ironique, raffiné, les qualificatifs ne manquent pas. On verra en 2012 pour le résultat. Les questions d'ISF ou de bouclier fiscal ne sont, à l'échelle du budget du pays, que des symboles. C'est-à-dire à la fois dérisoires et cruciaux: les français ont la "passion" de l'égalité et les passions peuvent être ravageuses ...
ISF & bouclier fiscal: avant tout des symboles
Si l'on regarde les impôts collectés par l'Etat, l'ISF, avec ses 3.5 milliards d'euros annuels (environ) c'est, au sens littéral, l'épaisseur du trait comme le montre le graphique suivant. L'ISF n'entre y que pour 0.75% de l'impôt :
Source : site gouvernemental de la Performance Publique
Et encore, il ne s'agit ici que des ressources de l'Etat, cela ne comprend pas les impôts locaux. Ni les cotisations sociales sans quoi le pourcentage serait encore plus dérisoire.
L'ISF est donc, d'un point de vue budgétaire, un symbole et certainement pas un enjeu quant aux comptes public ni même un outil de redistribution des richesses (c'en est un mais à une échelle tellement réduite qu'elle en devient de l'ordre du symbole), contrairement à l'impôt sur le revenu (IR) qui rapporte plus de dix fois plus à l'Etat.