Fillon aux Français: vivement 2016!

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Comme dans le film de François Truffaut «Vivement dimanche», un autre François, Premier ministre de son état, aurait pu ponctuer hier la déclinaison de son catalogue de mesures visant à réduire les déficits publics par un tonitruant «Vivement 2016 !».

La potion délivrée par le Dr Fillon, désigné par l'Elysée pour s'incarner sans complexe en «Père la rigueur», est certes loin d'être indolore pour nombre de Français dans les mois qui viennent. Dans la lignée des mesures annoncées le 24 août dernier et constituées majoritairement de hausses d'impôts (11 milliards sur 12), la rallonge de 7 milliards ponctionnera encore massivement les ménages, via la fiscalité directe et indirecte, une réduction de la hausse des prestations sociales et des dépenses maladies, entre autres.

Car au total, entre août et novembre, l'effort de l'Etat sur ses dépenses de fonctionnement portera seulement sur 1,5 milliard d'euros. Un effort qui serait «sans précédent depuis 1945», selon François Fillon, mais qui reste cependant modeste. Et qui sera sans doute insuffisant, compte tenu des perspectives de croissance qui s'annoncent déjà nettement en dessous du 1 % de progression retenu pour 2012. Habile, le plan Fillon vise surtout à rassurer à court terme les agences de notation et à éviter que Nicolas Sarkozy se présente devant les électeurs à la tête d'une France ayant perdu son triple A.

C'est le message de l'accélération de la mise en oeuvre de la réforme des retraites de 2010 déjà saluée positivement par les agences en question. Mais aussi des gages donnés pour un avenir que la majorité actuelle ne maîtrise pas. En annonçant un retour à l'équilibre des comptes en 2016, François Fillon fait une promesse que ni lui, ni Nicolas Sarkozy, ne sont aujourd'hui en mesure de tenir. En ce sens, le nouveau tour de vis budgétaire va bien plus loin que ses modalités conjoncturelles. Il contient en creux l'essentiel de la stratégie présidentielle du candidat Sarkozy.

Sans le dire explicitement, François Fillon a essayé de convaincre les Français qu'il vaudrait mieux en 2012 garder le même Président et la même majorité pour continuer la politique de «redressement» de la France. Alors que François Hollande serait «incapable de répondre» aux défis de la crise, clame Jean-François Copé. La ficelle est un peu grosse qui consiste à vouloir convaincre à la fois les agences de notation et des électeurs dont la défiance vis-à-vis de Nicolas Sarkozy est toujours en pente ascendante. A l'évidence, la majorité ne dispose pas de politique de rechange à une navigation à la godille et par gros temps.

Avec des coups de rabots à répétition qui commencent à attaquer l'os des budgets des Français.

 

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Publié dans Gouvernement

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