Et si DSK était le sauveur involontaire de la gauche ?
Les images de Dominique Strauss-Kahn, menottes aux poignets, sortant du commissariat de Harlem, ont fait le tour du monde, donnant le probable coup d'arrêt à se carrière politique. Est-ce là l'occasion pour les socialistes de choisir un candidat capable de barrer la route à Marine Le Pen ?
Comme tout un chacun, j’ignore ce qui s’est passé dans la suite 2806, au 28ème étage de l’hôtel Sofitel de New York, le 14 mai. Je me garderai donc de condamner qui que ce soit, et j’espère que Dominique Strauss-Kahn dit la vérité quand il s’affirme non coupable de l’accusation de viol portée à son encontre. Je le souhaite pour la jeune femme qui s’est dite agressée (dont certains semblent déjà avoir oublié l’existence), pour le directeur général du FMI, pour sa famille, pour ses amis et pour la France.
Mais quelle que soit l’issue judiciaire d’un feuilleton qui restera dans les annales, l’avenir politique de DSK est derrière lui. Sauf improbable coup de théâtre, sa carrière s’est arrêtée le jour où il a été exhibé menottes aux poignets, encadré par des policiers du commissariat de Harlem, puis dans la salle du tribunal, devant les caméras. On peut regretter les méthodes brutales de la justice américaine et vérifier au passage les avantages du système français, tant critiqué ici et là. Une fois le choc émotionnel passé, on peut aussi considérer que l’éviction forcée de DSK du jeu politique est une chance pour la gauche.
Dans l’immédiat, il est vrai, le coup est rude. En comparaison des frasques prêtées à l’ancien candidat à la candidature socialiste, Nicolas Sarkozy retrouve une soudaine virginité. A contrario, le PS est sonné, et le coup de gong politico-médiatique semble avoir mis la gauche au tapis. Mais le pire n’a-t-il pas été évité ?
Il est en effet légitime de se demander comment la gauche pouvait s’estimer dignement représentée par un homme tel que DSK. Sans évoquer les affaires de mœurs assez louches qui lui trainent aux basques depuis des lustres, on relèvera cet autoportrait esquissé par le directeur général du FMI lors d’une rencontre avec des journalistes de Libération. A cette occasion, DSK a expliqué qu’il ne voyait que trois handicaps à sa longue marche vers la victoire finale : « Le fric, les femmes, la judéité ». C’est tout un programme.
Passons sur la judéité, qui est un faux problème (et heureusement) dans la France d’aujourd’hui. En revanche, l’évocation du « fric » et des « femmes » comme talon d’Achille, voilà qui laisse rêveur.
En somme, l’intéressé reconnaît qu’il n’est pas exempt de comportements douteux à l’égard de la gente féminine. Et qu’on ne vienne pas évoquer ses prétendus talents de « séducteur ». En fait, le monde politico-médiatique sait que l’homme du FMI se comporte souvent avec les femmes comme un coq dans une basse cour. Si l’accusation de viol est d’une toute autre teneur, cette conception de la femme pose cependant un vrai problème - a fortiori pour quelqu’un briguant la magistrature suprême.
Quant au « fric », l’aveu est tout aussi troublant. Cela ne concerne pas seulement son train de vie de la famille Strauss-Kahn, plus proche de l’ISF que du RSA, mais aussi les liens avérés de DSK avec des milieux financiers plus sensibles au bling-bling qu’au commerce équitable.
Comment un homme ayant un tel profil pouvait-il représenter la gauche et ses valeurs ? Certains diront que les études d’opinion le donnaient grand gagnant. Certes, mais il ne faut pas oublier que son bon résultat dans les sondages (qui ne sont que des sondages) venait aussi de ses sympathies dans l’électorat de la droite, qui le prenait pour l’un des siens, idéologiquement et socialement parlant.
Mais le PS et la gauche en général pouvaient-ils se retrouver derrière un homme avouant lui-même devoir assumer des handicaps quasiment irrémédiables ? Vu son passé et son passif, DSK risquait vite de devenir un boulet pour son propre camp. Pour une Marine Le Pen décidée à se placer sur le terrain social, il aurait été une cible de choix.
Voilà pourquoi la sortie de DSK du paysage présidentiel, quoi que l’on pense de son sort judiciaire, peut être une opportunité pour la gauche. Maintenant que son « candidat miracle » est de fait éliminé, le PS va devoir se trouver un représentant plus digne des valeurs qu’il prétend défendre, apte à s’adresser au peuple, afin de ne pas laisser le champ libre à une Marine Le Pen tapie dans l’ombre.
C’est un choc qui peut s’avérer salutaire.
Mais quelle que soit l’issue judiciaire d’un feuilleton qui restera dans les annales, l’avenir politique de DSK est derrière lui. Sauf improbable coup de théâtre, sa carrière s’est arrêtée le jour où il a été exhibé menottes aux poignets, encadré par des policiers du commissariat de Harlem, puis dans la salle du tribunal, devant les caméras. On peut regretter les méthodes brutales de la justice américaine et vérifier au passage les avantages du système français, tant critiqué ici et là. Une fois le choc émotionnel passé, on peut aussi considérer que l’éviction forcée de DSK du jeu politique est une chance pour la gauche.
Dans l’immédiat, il est vrai, le coup est rude. En comparaison des frasques prêtées à l’ancien candidat à la candidature socialiste, Nicolas Sarkozy retrouve une soudaine virginité. A contrario, le PS est sonné, et le coup de gong politico-médiatique semble avoir mis la gauche au tapis. Mais le pire n’a-t-il pas été évité ?
Il est en effet légitime de se demander comment la gauche pouvait s’estimer dignement représentée par un homme tel que DSK. Sans évoquer les affaires de mœurs assez louches qui lui trainent aux basques depuis des lustres, on relèvera cet autoportrait esquissé par le directeur général du FMI lors d’une rencontre avec des journalistes de Libération. A cette occasion, DSK a expliqué qu’il ne voyait que trois handicaps à sa longue marche vers la victoire finale : « Le fric, les femmes, la judéité ». C’est tout un programme.
Passons sur la judéité, qui est un faux problème (et heureusement) dans la France d’aujourd’hui. En revanche, l’évocation du « fric » et des « femmes » comme talon d’Achille, voilà qui laisse rêveur.
En somme, l’intéressé reconnaît qu’il n’est pas exempt de comportements douteux à l’égard de la gente féminine. Et qu’on ne vienne pas évoquer ses prétendus talents de « séducteur ». En fait, le monde politico-médiatique sait que l’homme du FMI se comporte souvent avec les femmes comme un coq dans une basse cour. Si l’accusation de viol est d’une toute autre teneur, cette conception de la femme pose cependant un vrai problème - a fortiori pour quelqu’un briguant la magistrature suprême.
Quant au « fric », l’aveu est tout aussi troublant. Cela ne concerne pas seulement son train de vie de la famille Strauss-Kahn, plus proche de l’ISF que du RSA, mais aussi les liens avérés de DSK avec des milieux financiers plus sensibles au bling-bling qu’au commerce équitable.
Comment un homme ayant un tel profil pouvait-il représenter la gauche et ses valeurs ? Certains diront que les études d’opinion le donnaient grand gagnant. Certes, mais il ne faut pas oublier que son bon résultat dans les sondages (qui ne sont que des sondages) venait aussi de ses sympathies dans l’électorat de la droite, qui le prenait pour l’un des siens, idéologiquement et socialement parlant.
Mais le PS et la gauche en général pouvaient-ils se retrouver derrière un homme avouant lui-même devoir assumer des handicaps quasiment irrémédiables ? Vu son passé et son passif, DSK risquait vite de devenir un boulet pour son propre camp. Pour une Marine Le Pen décidée à se placer sur le terrain social, il aurait été une cible de choix.
Voilà pourquoi la sortie de DSK du paysage présidentiel, quoi que l’on pense de son sort judiciaire, peut être une opportunité pour la gauche. Maintenant que son « candidat miracle » est de fait éliminé, le PS va devoir se trouver un représentant plus digne des valeurs qu’il prétend défendre, apte à s’adresser au peuple, afin de ne pas laisser le champ libre à une Marine Le Pen tapie dans l’ombre.
C’est un choc qui peut s’avérer salutaire.
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