Du Nouvel Obs: Repose en Paix S.ROYAL
Modifié le 10-10-2011 à 12h29
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Temps de lecture : 3 minutes LE PLUS. Elle incarnait tous les espoirs d'opposition à la droite en 2007. Quatre ans plus tard, elle est largement devancée par Martine Aubry, François Hollande et Arnaud Montebourg lors de cette élection à la primaire socialiste. Comment un tel revirement a-t-il pu se produire ?
Edité par Amandine Schmitt Auteur parrainé par Benoît Raphaël
Un four, un désastre, une branlée… Les mots me manquent pour qualifier ce qui s’est passé pour Ségolène Royal dimanche soir. Sur les réseaux sociaux, certains avaient trouvé une formule qui résumait assez bien mon sentiment : R.I.P. Ségolène Royal (Repose en paix).

Ségolène Royal à son QG de campagne le 9 octobre 2011 (AFP PHOTO / BFM TV).
Comme un symbole de ce drame qui s’est noué dans sa vie politique, l’image de la vedette de la soirée, son ancien porte-parole Arnaud Montebourg, gonflé d’orgueil façon paon, ne parvenant même pas à marcher pris entre des dizaines de caméras, tournait en boucle sur les chaines infos, alors qu’elle, icône déchue et abandonnée, craquait en direct live sur BFM TV, image furtive d’une femme brisée. Que ce soit dit, les politiques ne sont pas (que) des machines.
Oui Ségolène Royal pleurait en quittant son QG de campagne devant les journalistes. Son visage fatigué n’en pouvait plus de se battre, alors son sourire s’est effacé pour laisser place au vide et aux larmes.
La voix de Royal n’était plus qu’un vague filet de mélancolie, et même ses pires ennemis devaient avoir à ce moment-là de la compassion pour elle, à la manière de ces vieux lions, qui au moment de lâcher leur dernier souffle vous arrachent quelques larmes, après vous avoir tant effrayé.
Elle l’astre socialiste de 2007, pour laquelle des millions de personnes avaient voté, elle qui était arrivée au second tour de la présidentielle, se retrouvait loin, très loin derrière Aubry et Hollande, devancée par Montebourg, talonnée par Valls. Un rêve brisé en quelques heures, la fin des illusions, pire l’humiliation. Oui les sondages se sont trompés. Ils ont surestimé Ségolène Royal. Bonjour tristesse.
Mais comment un tel écroulement a-t-il seulement pu se produire ? Difficile à dire car je crains que nous soyons dans une forme d’irrationalité. Objectivement Ségolène Royal a fait une bonne campagne. Une campagne de terrain et d’idées portée par son livre programme. Elle n’a pas cédé aux petites phrases et elle a gagné en épaisseur. Elle était, sur le fond, meilleure qu’en 2007.
2007. Son échec tient peut-être dans ce seul chiffre. Car le problème de Ségolène Royal c’est qu’elle n’est pas parvenue à se réinventer. Elle est restée la candidate de 2007, allant même jusqu’à utiliser cet argument au moment de conclure le dernier débat mercredi dernier sur BFM. Comme si avoir été la candidate de 2007 suffisait à gagner en 2012.
Au fond, contrairement à ce qu’elle a toujours dit, Royal n’a jamais réellement digéré cette défaite. Elle a pensé qu’on lui avait volé l’Elysée, car le PS n’avait pas été complètement à ses côtés, ce qui était vrai, la faute en partie à François Hollande. Puis en 2008 il y a eu le congrès de Reims et la défaite face à Martine Aubry, avec les péripéties que l’on connait. Encore une fois Ségolène pouvait légitimement penser qu’on lui avait volé la victoire.
Tous ces évènements ont créé en elle une forme inconsciente de rancœur, qui l’a empêché d’incarner l’avenir et qui l’a bloqué dans le passé. La candidate du passé, celle de 2007, voilà ce que Ségolène Royal a été lors de ces primaires, et c’est en partie pour cela qu’elle n’a pas su susciter l’adhésion des électeurs.
La politique est le milieu le plus dur qui soit, et Ségolène Royal entame ce soir une traversée du désert qui promet d’être longue, sinon éternelle. Avant cela il lui faudra choisir entre François Hollande (celui qui l’a trahie en 2007), et Martine Aubry (celle qui l’a trahie en 2008). Ça promet d’être funky. Mais pourra-t-elle vraiment s’investir dans la campagne d’un autre candidat ? Très franchement, j’en doute.
Son prochain défi dans les années à venir sera de prouver qu’elle n’a pas été qu’une mode, qu’une étincelle. Il lui faudra se montrer à la hauteur de son mentor François Mitterrand, et rester une femme debout, pour qui sait peut-être un jour revenir façon Comte de Montecristo, conquérir l’Elysée, et se venger de ses ennemis à coups de larmes. De sang.
A Dieu.
* * *
On ne refais pas les primaires et actons cette défaite de S.ROYAL, mais il est proprement scandaleux qu'un journal dit de gauche, dirigé par L.JOFFRIN publie ce genre d'article (torchon).
On se demandait que signifiait cette question du dit JOFFRIN à S.ROYAL lors du troisième débat "vous avez dit que F.HOLLANDE était un notable, j'aimerai qu'il vous réponde en direct" . Stupeur dudit François car la question arrivait comme un cheveu dans la soupe !
Manifestement JOFFRIN n'aime pas Ségolène et tout est permis pour la démolir y compris lorsqu'elle a un genou à terre. Il est dans la lignée de son journal qui nous a vendu du DSK avant qu'il ne s'écroule pour les raisons que l'on sait, qui est vite passé à Hollande parce que les sondages le donnaient favori.
Nulle doute que sa prochaine cible à "déquiller" sera Arnaud MONTEBOURG car il n'est pas dans la ligne de l'Obs et Terra-Nova. De plus sa non-réponse à l'interview de D.PUJADAS de ce soir a du faire grincer bien des dents dans le Marais et à Solférino, il a presque commis le crime de lèse-majesté en exigeant une réponse écrite de chaque candidat aux questions contenues dans la lettre qu'il leur a envoyé.
Quel cuistre cet Arnaud !!!
Cette deuxième gauche (très présente l'Obs depuis longtemps - merci Mr Rocard) s'est coulée dans le social-libéralisme en oubliant le social au passage.
Dormez tranquilles bonnes gens, et votez bien dimanche prochain... Sarkozy fait-il partie des bonnes gens ?