Désirs d'avenir croit encore au «phénomène Royal»

Publié le par DA Estérel 83

Mediapart-copie-1 18 Septembre 2010 Par 

Ségolène Royal est-elle de retour dans le cénacle des présidentiables? Pour les militants de l'association Désirs d'avenir réunis à Arcueil (Val-de-Marne) lors de la troisième édition de la fête de la Fraternité, la réponse sonne comme une évidence: l'ex-candidate est de retour! Soleil, ambiance bon enfant, et unité retrouvée... La base militante, plongée au cœur de cette ville de la banlieue parisienne, n'a pas boudé son plaisir. 3500 personnes avaient fait le déplacement (plutôt 2000, à vue de nez).

 

Oubliée la dernière édition de la «fête frat'» à Montpellier il y a un an, sans la présence des caciques du PS. Aujourd'hui, la présidente de la région Poitou-Charentes est rentrée au bercail. Claude Bartolone, Manuel Valls, Jean-Pierre Mignard ou encore l'ex-PS Jean-Luc Mélenchon (venu plaider son idée de référendum sur les retraites, reprise par Ségolène Royal) étaient de la partie pour témoigner de ce regain d'unité, même s'ils n'ont jamais rejoint leur hôte sur la tribune. «La fraternité, disait Régis Debray, c'est se comporter dans une Nation comme frères et sœurs, même lorsque nous ne sommes pas frères et sœurs», a lancé Ségolène Royal. Idem dans un parti...

 

«Les gens reviennent nous voir, c'est plutôt une bonne nouvelle», sourit Anouk assise au stand de Désirs d'avenir du Languedoc-Roussillon. «Elle a retrouvé le collectif», complète Tony, jeune socialiste. «Les socialos ont enfin compris qu'ils n'y arriveraient pas seuls», se félicite de son côté Michel, 79 ans, militant à Désirs d'avenir dans le Maine-et-Loire. Même si la réconcilation orchestrée entre Martine Aubry et leur championne ne fait pas illusion. «Vous avez vu une lune de miel vous? Moi en tout cas, j'ai pas tenu la bougie», ironise Anouk, la militante montpelliéraine.

 

Pour les membres de l'association présidée par Ségolène Royal, le retour de leur favorite sur le devant de la scène est une aubaine. «Ségolène a retrouvé cette crédibilité et cette visibilité médiatique qui lui manquaient, dit Kamel Chibli, secrétaire général de Désirs d'avenir. Localement, ce retour nous aide évidemment. On se replace sur une dynamique positive, ça nous rebooste!»

 

Dans les allées du parc du Coteau, le discours sur les retraites de l'ex-candidate lors de l'émission “A vous de juger”, en lieu et place de Martine Aubry, est dans toutes les têtes. «Son intervention nous a remis sur les rails», confirme Monique, militante à Mulhouse. «Après sa participation à l'émission, les gens semblaient redécouvrir Ségolène Royal. Mais nous, on n'a pas été surpris, c'est la Ségolène qu'on connaît», martèle Kamel Chibli.

 

Toujours marginalisée au sein du PS, la présidente de Poitou-Charentes peut compter sur le soutien sans faille de son association, qui revendique aujourd'hui 7.000 à 9.000 adhérents. «Un socle très solide, assure son secrétaire général. Après tous les passages difficiles que nous avons traversés, c'est énorme!»

 

Localement, la base militant continue d'assurer cette culture du débat démocratique et participatif, chère à Désirs d'avenir et à sa présidente. Pour Benoît Joseph, coordinateur national de l'association, cette vitalité qui anime Désirs d'avenir ne faiblit pas. «Cet été, nous avons organisés 80 débats autour des retraites, sillonnés les banlieues... On est sur le terrain en permanence.»

 

Devant les stands des «Jeunes d'avenir», Guillaume, militant haut-normand, confirme: «Aujourd'hui, on a gagné en crédibilité grâce au sérieux de notre travail. Fini le temps où l'on était moqué comme lors de la première fête de la fraternité. Enfin, les gens sont plus enclins à venir débattre avec nous.» 

 

Ce qui est sûr, c'est que le «phénomène Royal» est loin d'avoir disparu. Les militants se plaisent à évoquer ce lien particulier avec les Français que revendique la présidente de Poitou-Charentes, notamment avec les milieux populaires. «Ségolène, c'est le mot magique, glisse Benoît Joseph. En banlieue, elle est l'une des rares politiques à avoir un écho positif». Aux yeux de Marie-Sophie, militante à La Rochelle, «Ségo c'est tout simplement l'avant-garde».

 

Devant un tel assaut d'amabilités, tous espèrent que «leur» candidate se présentera au primaire socialiste. «Evidemment qu'on souhaite qu'elle y aille!» tranche le coordinateur national. Kamel Chibli abonde dans son sens:«A mes yeux, elle reste la plus à même de porter le message de la gauche en 2012. Je le dis sans scrupule, je souhaite qu'elle soit candidate.»

 

Si Désirs d'avenir est entièrement vouée à la cause de Ségolène Royal, pas question pour autant de parler «d'écurie présidentielle». Un terme que les militants refusent. Car, répètent-ils à l'envi, Désirs d'avenir n'est pas un parti politique et n'a pas vocation à l'être. «Ségolène Royal a toujours exclu que “DA” soit une “écurie présidentielle”», explique son secrétaire général.

 

«Une écurie présidentielle, c'est une machine qui ne marche qu'en fonction d'une échéance. Ici c'est différent, nous allons au-delà de la perspective de la présidentielle», assure de son côté Benoît Joseph, le coordinateur. Il n'empêche, pour Kamel Chibli, «s'il le faut, bien sûr, nous sommes en capacité de l'accompagner». Les militants ont pour eux l'expérience de 2007 et les réseaux qui vont avec.

 

“Ségo” est donc de retour. Et qu'on ne vienne pas leur parler de la lune de miel avec Martine Aubry largement mise en scène à La Rochelle. «Pas sûr qu'il y ait énormément d'amour entre ces deux-là », ironise Michel, le vieux militant socialiste du Maine-et-Loire. «Je pourrais voter pour elle, mais j'aurais des états d'âme», souffle Benoît Joseph. 

 

A Désirs d'avenir, l'ombre du congrès de Reims qui avait vu la victoire controversée de Martine Aubry plane toujours.

 

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Publié dans S.ROYAL

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