Des Verts sans boussole politique

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Comme le reconnaissait hier leur patronne, Cécile Duflot, lors de l'ouverture de leurs journées d'été à Clermont-Ferrand, les écologistes d'EELV ont «un souci». Et pas qu'un seul. Le «souci» n'est déjà plus l'absence à Clermont de Nicolas Hulot, battu aux primaires par Eva Joly, et souhaitant «prendre une distance bienveillante» vis-à-vis de ses anciens amis. Mais plutôt un brûlot politique publié par une de leurs porte-parole, Laurence Vichnievsky, doublé des doutes récurrents de Daniel Cohn-Bendit sur la pertinence d'une candidature écologiste à l'élection présidentielle.

Dans une tribune accueillie dans les colonnes de «Libération»Laurence Vichnievsky tire à boulets rouges contre le programme d'Eva Joly. Selon elle, la crise de la dette doit obliger EELV à revoir son projet électoral. Au nom du «principe de réalité». Considérant que«l'urgence est aujourd'hui financière» et que «la transition vers une société écologique passe par l'apurement de la dette», Vichnievsky réduit à une «lubie» le retour de l'âge de la retraite à 60 ans, et préconise des mesures «difficiles» entraînant des suppressions d'emplois et une«maîtrise» des dépenses de santé et des collectivités locales. Quelque peu abasourdie, comme Cécile Duflot, Eva Joly «ne partage absolument pas l'analyse» de son ancienne alter ego au pôle financier du Parquet de Paris.

Cécile Duflot s'est dite aussi «immunisée» par l'insistance de Cohn-Bendit à attendre «janvier ou février» et l'état des sondages pour se décider entre le maintien de la candidature Joly et un ralliement au candidat socialiste pour éviter «un nouveau 21 avril» et négocier un nombre conséquent de députés verts éligibles dans la future Assemblée Nationale, voire des portefeuilles ministériels.

Les empoignades font partie depuis des lustres du paysage des Verts français qui y voient l'expression exemplaire d'un sain débat démocratique. Certes. Mais une cacophonie intrinsèque sur les orientations et la stratégie offre l'image destructrice d'écologistes toujours à la recherche d'une boussole politique cohérente et lisible pour l'électorat.

Affublé du sobriquet de « Schtroumpf grognon », Dany Cohn-Bendit est le militant emblématique qui avait initié le rassemblement des Verts et permis une percée politique d'EELV au Parlement européen en 2009, puis aux régionales. Très peu de temps après la claque infligée à Dominique Voynet à la présidentielle de 2007 (1,5 %).

Cohn-Bendit ne détient sûrement pas la recette miracle pour installer durablement l'écologie politique dans le paysage politique français, à l'instar de son homologue allemande. Ses critiques les plus virulents feraient mieux d'envisager sérieusement ses propositions, plutôt que de les traiter par le mépris.

 

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article