Des affaires embarrassantes avant 2012
Les derniers mois ont été l'occasion d'un grand déballage, à droite comme à gauche...
Georges Pompidou avait eu droit à l'affaire Markovic. Valéry Giscard d'Estaing, aux diamants de Bokassa. Quant à François Mitterrand, il a vu ressurgir en 1981 comme en 1988 l'histoire du vrai-faux attentat de l'Observatoire. Sous la Ve République, les présidentielles ont toujours été l'occasion d'un grand déballage d'affaires. 20Minutes fait le point sur celles qui polluent déjà le scrutin présidentiel de l'an prochain.
«Lorsqu'on veut se présenter à une présidentielle, la première des conditions est d'avoir le cul propre! Si ce n'est pas le cas, l'opinion publique finira toujours par le savoir.» Cette réflexion de l'un des candidats à l'élection suprême de l'an prochain illustre bien l'impact que les «affaires» risquent d'avoir dans les prochains mois. Guérini, DSK, Karachi ou Bettencourt…
«Je pense qu'on n'a jamais eu autant d'affaires à l'approche d'une élection», confie le politologue Roland Cayrol. «Et il n'est pas improbable qu'il y en ait d'autres qui éclatent d'ici le premier tour», poursuit son collègue Pascal Perrineau.
Les états-majors s'organisent
Droite et gauche sont logées à la même enseigne. Du coup, les états-majors s'organisent. L'UMP a fait passer des consignes à ses députés pour attaquer le PS sur l'affaire Guérini. Quant à l'entourage de François Hollande, il a prévu de placer la morale au cœur de sa campagne. «Le gouvernement pratique une culture politicienne qui n'a plus lieu d'être, pense ainsi Stéphane Le Foll, lieutenant du candidat PS. Nous ne manquerons pas de le dire dans les prochaines semaines…»
Nicolas Sarkozy, lui, n'est pas encore candidat. «Mais dès qu'il le sera, sa personnalité fera oublier les affaires, pense le député UMP Eric Raoult. Surtout en pleine crise financière…» A moins qu'une nouvelle affaire n'éclate d'ici là.
Pour 48% des Français, le FN va en profiter
Le climat politique dû à la multiplication des affaires pourrait influencer le vote de 52% des Français, selon un sondage Harris Interactive pour VSDdiffusé le 6 octobre. 48% des personnes interrogées estiment que le FN va «profiter électoralement» de ce climat. Par ailleurs, près d'un inscrit sur les listes électorales sur cinq (19%) déclare que ces affaires sont susceptibles de l'amener à s'abstenir lors de l'élection présidentielle, alors qu'il pensait initialement aller voter. Ce sondage a été réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 1.633 personnes âgées de 18 ans et plus.