Débandade à l’UMP : les mots pour le dire !
par Arsinoé
“Planqué” ! L’adjectif est lancé par Jean-François Copé. Ainsi qualifie-t-il François Hollande.
Planqué, c’est un adjectif particulièrement péjoratif. Ça évoque quoi pour vous ?
Un type qui reste dans la tranchée quand les copains montent au front.
Un type qui se fait réformer pour pas partir à la guerre.
Un type qui ne fout rien. Un Ducon Lajoie qui profite du système.
Un planqué c’est un type qui n’en a pas, en gros.
La voilà, la métaphore bien virile. Bien sale. Y-a les conquérants, les types qui prennent des initiatives, qui mouillent le maillot. Les types qui en ont, quoi.
Et les planqués. Les autres. Les meneurs et les menés, les dominants et les dominés. Hum… Que ça fleure bon le mâle, la testostérone, le phallus triomphant.
Beurk beurk beurk !
Et ça n’est pas tout.
Copé, qui s’illustra en son temps, en évoquant, en 2007, dans une vidéo inoubliable, les “cloportes ” pour parler des militants socialistes, Copé parle aussi de Hollande “l’embusqué “.
Tiens donc, le planqué et l’embusqué. Ça, c’est encore mieux. D’abord on se planque et ensuite on s’embusque.
L’embusqué, c’est le fourbe, le lâche qui attend son heure, tapi au creux d’une ravine. Le type qui frappe dans le dos, toujours. Un ennemi de l’ombre. L’ennemi de l’intérieur, peut être ? Pour rester dans le registre et la rhétorique vichyste ?
Voilà donc la seule arme trouvée par la droite pour tenter de redresser une situation électorale bien mal emmanchée. Mais ça n’est pas en étant mal embouchée que cette droite y arrivera.
Traiter son adversaire de planqué, c’est minable, débile, con, crétin, salaud, pourri, naze et pour tout dire petite b…
Pardon, je me fais plaisir autant que notre ami Copé.
Dignes héritier du langage de charretier de cette droite.
Matignon résonne encore des ” connaaaards” éructés par Villepin, l’Elysée des ” grosses merdes qu’on écrase” éructés par Chirac. Quant à Nicolas Sarkozy, entre Casse toi pov con, digne des cailleras qu’il voulait karcheriser, des cros de bouchers qu’il réserve à Villepin et autres ” salopard, enc….., enfoirés” ou, dernière expression à la mode ” c’est d’la daube ” on se dit que si la fonction présidentielle se juge à l’aune du langage, tout le monde ou presque peut faire président.
Voilà en tout cas une démonstration de ce qu’est la France forte. Celle qui a du poil aux pattes, monte ses femmes et ses chevaux, aime bien les homos chez Michou et les arabes quand ils tiennent une épicerie ouverte après minuit.
Mais ils se mettent le doigt dans l’oreille jusqu’à l’omoplate, car ils sont impuissants, ce qui est embêtant et honteux chez ces gens là. Ils n’arrivent plus à bander et à nous faire bander.
La vraie puissance, c’est la bienveillance, la justice et l’élégance… Un mot fort bien employé par François Hollande. Pour le reste, se reporter au programme élaboré par les ” cloportes “. Pas mal pour des planqués. On attend en revanche celui de Nicolas Sarkozy. À part “Élysée-moi” parce que tous les autres, c’est des cons … Il n’y a pas grand chose à voir ni à espérer.
Sacré nom de Dieu !