Conseiller du ministre du Travail, Eric de Serigny est aussi un proche de Patrice de Maistre, le bras droit de Liliane Bettencourt.
Eric de Sérigny, un conseiller du ministre du travail Eric Woerth, est mis en cause pour ses liens avec le monde des affaires, dans une enquête diffusée vendredi 20 août par France Inter, mais ce dernier se défend de tout "problème déontologique", tandis que le ministère récuse tout manquement.
Son nom n'apparaît pas dans l'organigramme officiel du cabinet ministériel, mais Eric de Sérigny est notamment un ami de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, auquel le ministre a remis la Légion d'honneur.
"Je n'ai pas demandé la Légion d'honneur pour Patrice de Maistre", souligne M. de Sérigny dans un communiqué publié sur le site Internet de France Inter, "mais il est exact que j'ai soutenu sa candidature comme d'autres, car je la trouvais justifiée".
TRAVAIL "BÉNÉVOLE" POUR M. WOERTH
La remise de cette décoration est l'un des volets des conflits d'intérêts présumés avec la milliardaire, affaire dans laquelle M. Woerth est empêtré depuis plusieurs semaines.
Conseiller du ministre depuis 2007, M. de Sérigny, un cadre de la haute finance, assure travailler à titre "bénévole" pour M. Woerth, admettant avoir participé à des réunions des grands donateurs de l'UMP.
Sa tâche consiste à "assurer des relations économiques avec des chefs d'entreprises de mes amis", précise-t-il, avant d'ajouter : "Il n'y a strictement aucun problème de déontologie, bien sûr, avec mes activités professionnelles."
IMPLICATION DANS LES LICENCIEMENTS DE L'USINE MOLEX
Enfin, autre point soulevé par France Inter, M. de Sérigny travaille pour la société en investissement financier Athéma, qui a collaboré avec les avocats de la direction de l'usine Molex dans un dossier sur lequel le ministère du travail devait intervenir.
Une polémique avait éclaté fin 2009 quand M. Woerth avait donné son aval, malgré l'avis de l'inspection du travail, au licenciement des représentants syndicaux de cette usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), fermée en septembre 2009 après onze mois de lutte du personnel.