Comme un malaise...
On ne parlait que de cela avant. Et il n'a été question que de cela hier. La prestation télévisée de DSK, qui a battu un record d'audience d'un journal de TF1 depuis 2005 avec 13 millions de téléspectateurs, n'en finit pas d'être décortiquée, disséquée, commentée, jaugée, jugée.
Et elle ne fait pas que des heureux. Notamment à gauche et tout particulièrement au PS. Entre agacement et embarras, les candidats à la primaire semblaient hier n'avoir qu'une préoccupation : que les Français oublient ce moment de téléréalité pour passer à autre chose...
Si on devait décerner la médaille du plus mauvais camarade, elle irait sans nul doute à Arnaud Montebourg. Le député de Saône-et-Loire n'a en effet pas donné dans la langue de bois. Expliquant n'avoir pas été convaincu par les explications sur une affaire qualifiée d'«humiliation collective et nationale», il a sèchement engagé DSK à s'obliger désormais à «un silence méthodique»...
Tourner la page au plus vite, c'est ce à quoi aspire également Ségolène Royal. Si avant l'été, la présidente de Poitou-Charentes avait eu l'audace d'annoncer que Dominique Strauss-Kahn ferait un excellent Premier ministre, on sait depuis hier que si elle accède à l'Elysée, elle ne cédera plus à pareille concession à un rival qui, à ses yeux, n'en est définitivement plus un... Même simple ministre, Strauss-Kahn est grillé pour celle qui a une grosse «envie de tourner la page».
Benoît Hamon, tout en assurant la langue de bois et le service minimum d'un porte-parole, ne dit pas autre chose quand il déclare qu'il est «utile et important que nous passions à autre chose».
Mais il y a plus embêté encore parmi les prétendants à la primaire: Martine Aubry. Elle qui depuis des semaines s'est évertuée à nier ou au moins à faire oublier le «pacte de Marrakech» a dû apprécier la façon dont DSK la remerciait, elle «l'amie très présente», en confirmant justement l'existence d'un tel «pacte».
Il est des façons «de ne pas s'immiscer dans la primaire» qui ressemblent au pas d'un éléphant dans un magasin de porcelaine... «Pacte» comme le dit DSK ou «entente» ou encore «raisonnement politique commun» comme le prétend Martine Aubry? Chez les Hollandais, hier on avait moins envie de pratiquer l'analyse lexicologique que d'enfoncer le clou en répétant à l'envi... le manque d'envie de la Première secrétaire.
Les soutiens de Hollande se sont donc répandus pour expliquer que Martine Aubry était finalement une simple candidate de substitution, un ersatz de DSK, une sorte de «malgré elle» de la présidentielle. Au soir du premier débat télévisé consacré à la primaire du parti socialiste, on avait cru un moment à la fin de la guerre des éléphants. La trêve n'aura duré que trois petits jours. Et 23 minutes.