Comme dans un moulin

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Pour EDF, il ne s'est donc rien passéet il ne s'agit là de la part de Greenpeace que «d'une opération
de communication». Un domaine totalement étranger comme chacun le sait aux gens d'EDF...

 

Voilà qui fait plus que désordre ! Alors qu'au lendemain de la catastrophe de Fukushima, Nicolas Sarkozy était lui-même monté en première ligne pour nous marteler que «le nucléaire français était le plus sûr du monde», il a suffi d'une opération commando de Greenpeace hier matin pour fissurer une telle assurance.

Comment ne pas s'alarmer en effet que des militants dont aucun n'a pourtant un entraînement de James Bond puissent en un quart d'heure passer toutes les barrières de sécurité d'une centrale nucléaire et se retrouver sur le dôme du réacteur, au coeur de l'installation ?

A six heures du matin, ils dorment les gardes chargés de la sécurité de nos centrales ? Et comment ne pas s'inquiéter que face à une telle intrusion, EDF continue à dérouler ce discours toujours aussi anesthésiant qui, à chaque incident, assure imperturbablement que... la «situation a toujours été sous contrôle» ?

Car à croire la direction de l'électricien, les militants auraient tout de suite été repérés et identifiés comme tels. Et c'est dans un souci de ne point les interpeller trop rudement qu'on les aurait laissés couper les barrières électrifiées pour camper sur le dôme du réacteur pendant cinq heures !

 

Preuve sans doute qu'à EDF on a du flair et qu'on ne se laisserait évidemment pas tromper par des terroristes déguisés en trublions antinucléaires... Et tant pis si cette explication d'un repérage immédiat est en contradiction avec le fait qu'on ait fouillé nos centrales toute la journée afin de débusquer d'autres militants que Greenpeace annonçait avoir également envoyés tester la sûreté ! Pour EDF, il ne s'est donc rien passé et il ne s'agit là de la part de Greenpeace que «d'une opération de communication». Un domaine totalement étranger comme chacun le sait aux gens d'EDF...

Quant au ministère de l'Intérieur et à celui de l'Industrie, on préfère y parler «d'irresponsabilité». Eric Besson dans un échange très vif sur Twitter avec Cécile Duflot va même jusqu'à interroger «auriez-vous préféré un tir à vue» ? On fait donc comme si les terroristes avaient besoin qu'on leur donne des idées.

Comme si on avait oublié que le directeur des renseignements intérieurs ne cessait de répéter que notre pays est la deuxième cible des islamistes après les Etats-Unis. Plutôt que de crier à l'opération de communication de Greenpeace ou de dénoncer son «irresponsabilité», mieux vaudrait tirer les leçons de cette aventure.

Et le faire avec plus de détermination que celle que démontre dans son récent rapport l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire qui, tout en réclamant de faire évoluer «sans tarder» certaines normes de sécurité de nos centrales, conclut pourtant qu'il «n'y a pas un motif» de fermer un seul de nos sites nucléaires. Mais, rassurons-nous, ce rapport ne prenait en compte que les risques naturels. Pas les intrusions d'«irresponsables».


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Publié dans Gouvernement

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