CIEL COUVERT SUR BRÉGANÇON

Publié le par DA Estérel 83

CharenteLibre-copie-1 20/08/2010

Cette année, la rentrée du gouvernement empruntera aux rituels du théâtre: avant la «générale» du conseil des ministres le 25 août prochain, Nicolas Sarkozy a convoqué aujourd'hui l'essentiel de sa troupe pour une «couturière» au fort de Brégançon. Au programme: une séance de travail sur la croissance et les déficits publics avec dans l'ordre d'arrivée en scène le maître des lieux bien sûr, puis François Fillon -Premier ministre au moins jusqu'au remaniement de septembre dont il sera peut-être question...- Christine Lagarde et François Baroin, pour l'Economie et le Budget, mais aussi l'éternel Claude Guéant et - rentrée sociale oblige...- le conseiller Raymond Soubie.


A l'origine déjà, la séance de travail d'aujourd'hui ne s'annonçait pas comme une partie de plaisir. Dans la «ri-lance», ce néologisme que vient d'inventer Christine Lagarde pour définir un mélange de «rigueur» et de «relance», on sent déjà venir la recette politique inspirée du pâté de grives, trois volatiles pour trois kilos de porc. La croissance étant ce qu'elle est, la réunion de Brégançon consistera essentiellement à choisir les niches fiscales qui seront épargnées par leurs coups de hachoir.


Moment cornélien car tailler -ne serait-ce que de 10%...- dans des avantages, dont certains existent depuis des années et des années -comme l'assurance vie, produit préféré des Français, mais pourtant sur la sellette- c'est ni plus ni moins que faire le contraire de ce que Nicolas Sarkozy avait promis: ne pas augmenter le poids de la fiscalité...Et pourtant, on voit mal comment il pourrait en être autrement. D'autant que, pour compliquer encore les choses et plomber un peu plus l'ambiance, l'agence de notation Moody's vient de ramener la France, qui se voyait sans doute trop belle, à plus de modestie: si le gouvernement ne donne pas un grand coup de rein pour redynamiser l'économie et réduire les déficits, sa note, celle qui lui permet d'emprunter sur les marchés à un taux faible, pourrait être abaissée...Et comme si décidément tout semblait devoir contrarier l'optimisme et l'auto-satisfaction de nos gouvernants, voilà qu'un hurluberlu réussit à s'introduire en voiture dans la cour de l'Elysée!


On imagine que l'épisode -que l'on cherche à minimiser- n'est pas passé inaperçu du côté du Cap Nègre. Et qu'avant même la réunion d'aujourd'hui quelques oreilles -dont celles de Claude Guéant- ont du siffler. Avant que des têtes ne tombent. Cette invraisemblable intrusion est à la fois comique et inquiétante.


Comique si on la rapporte à la surenchère sécuritaire qui a occupé nos dirigeants tout l'été entre expulsions de roms et déclaration de «guerre» aux délinquants.

Inquiétante quand on sait les récentes menaces d'Al Qaïda au Maghreb visant notre pays. Inquiétante encore car depuis le plan Vigipirate est passé au rouge. La couleur juste avant l'alerte maximum.

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Publié dans Politique

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