Budget : 14.000 postes supprimés dans l'Education en 2012

Publié le par DA Estérel 83

Les Echos

 

 

François Baroin a présenté ce mardi matin aux députés les grandes orientations du budget 2012. Les crédits de l'emploi seront réduits de 12%. L'Intérieur perd 3.621 postes.

Si le gouvernement promet qu'il n'y aura pas de nouvelles fermetures de classes dans le primaire à la rentrée 2012, les suppressions de postes d'enseignants vont se poursuivre massivement : il y en aura 14.000 de moins l'année prochaine, après 16.000 en 2011 (prévision) et 14.500 (réalisé) en 2010. Le rapport préalable au débat d'orientation sur les finances publiques, qui se tiendra en séance publique à l'Assemblée lundi prochain, détaille la répartition des 30.401 suppressions de postes de fonctionnaires prévues dans le budget 2012. Outre le monde enseignant, la Défense sera fortement affectée (-7.462 postes), de même que le ministère de l'Intérieur (-3.621) et le Budget (-2.870).

Auditionné par la commission des Finances de l'Assemblée nationale ce mardi matin, François Baroin, le ministre du Budget, devait défendre les arbitrages du gouvernement sur le volet dépense du budget 2012 : le total des crédits de l'Etat sera porté à 363,3 milliards d'euros, soit une hausse équivalente à l'inflation prévue (1,75%). En mettant à part la charge de la dette et des retraites des fonctionnaires, le total des crédits (budget des ministères, dotation aux collectivités locales et à l'Union européenne) sera stable en valeur absolue, à 275,6 milliards.

Quelques rallonges pour l'écologie, l'emploi, la défense et la culture

Mais il s'agit d'une moyenne. Pour certains ministères, les crédits chuteront, à l'instar de la mission emploi (-12,18%, à 10,02 milliards d'euros), des médias (-11,93% à 1,28 millliard) ou de l'économie (-3,08%, à 1,78 milliard). Ces reculs étaient planifiés dans la loi de programmation votée l'an dernier et que le gouvernement va globalement respecter. Seules quelques rallonges pour l'écologie, l'emploi, la défense et la culture ont été consenties. Elles sont rendues possibles sans remise en cause du gel des crédits par de moindres dépenses que prévu sur certains postes : 612 millions d'euros de moins au sein des concours de l'Etat aux collectivités (au titre du FCTVA, lié aux investissements), 200 millions de moins pour l'Union européenne, etc.

Inversement, des dépenses sociales ont à nouveau dérapé en 2010-2011 et Bercy est obligé de rajouter des crédits pour 2012 : 200 millions pour les aides au logement (APL), 130 millions pour les retraites des régimes spéciaux (inflation plus élevée), 80 millions pour l'accueil et l'hébergement des demandeurs d'asile.

Trouver au minimum 1 milliard d'euros de mesures de recettes supplémentaires

Du côté des recettes, volet du budget qui sera arbitré à la rentrée, Bercy chiffre à 11,6 milliards d'euros l'impact en 2011 de toutes les mesures prises depuis un an (budget, réforme des retraites, réforme de l'ISF, prime dividendes), et à 2 milliards supplémentaires leur impact en 2012. Pour l'année prochaine,« des mesures restent à prendre pour atteindre le niveau plancher de 3 milliards d'euros » de recettes supplémentaires liées à des mesures de prélèvements obligatoires, indique le gouvernement (la règle figure dans la loi de programmation). En clair, il faudra voter au minimum 1 milliard d'euros de mesures de recettes supplémentaires cet automne. Les commissions des Finances de l'Assemblée et du Sénat estiment de leur côté qu'il faudrait faire bien davantage pour sécuriser les engagements de réduction du déficit de la France, à 4,6% de PIB en 2012.


Prévision de dette publique revue à la hausse pour 2011 et 2012
La dette publique de la France devrait être plus importante que prévu cette année, à 85,4% du produit intérieur brut (PIB), avant de culminer en 2012 à 86,9%, selon le ministère du Budget. Initialement, le gouvernement tablait sur une dette atteignant 84,6% en 2011 et 86% l'an prochain. Mais l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a recalculé en mai à la hausse la dette publique pour 2010, à 82,3% contre une précédente estimation à 81,7%, ce qui entraîne ces révisions pour les années suivantes.La dette commencera à refluer en 2013, à 85,6%, pour s'établir à 84,1% en 2014, selon ce rapport préparatoire au débat d'orientation des finances publiques, prévu la semaine prochaine au Parlement.Le gouvernement confirme par ailleurs ses objectifs de réduction du déficit public, qui devra passer de 7,1% du PIB l'an dernier à 5,7% cette année, puis 4,6% en 2012 et 3%, le plafond autorisé par les traités européens, en 2013. Le déficit s'établirait enfin à 2% en 2014.
Publicité

Publié dans Economie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article