Borloo, nouveau «rebelle», rêve d'un centre unifié
Vanessa Schneider 15/11/2010
En refusant de rester au gouvernement, Jean-Louis Borloo entend jouer sa propre partition : s’imposer comme le leader d’un centre en mal d’existence. Il l’a annoncé avant même la nomination officielle du nouveau gouvernement : il veut « reprendre sa liberté de proposition et de parole ». Dans ses rêves les plus fous, il se voit (ou plutôt ses amis le voient) en porte-drapeau de cette sensibilité pour la présidentielle de 2012.
Mais ira-t-il jusqu’au bout ? Rien n’est moins sûr. Le bonhomme, est un velléitaire qui a beaucoup changé de camp et de stratégie depuis son entrée en politique. Elu sous la bannière Génération écologie, il a ensuite rejoint l’UDF de François Bayrou avant de le trahir corps et âmes pour se vendre au plus offrant : Nicolas Sarkozy. En se prononçant très tard sur son soutien au candidat UMP, il a en 2007, fait monter les enchères et obtenu un des plus beaux postes du gouvernement, celui de l’Economie et des Finances. En renonçant hier aux Affaires Etrangères et à un grand ministère de l’Ecologie, il s’affiche en rebelle, une posture nouvelle pour cet homme réputé peu courageux politiquement. Depuis 2007, il a avalé pas mal de couleuvres y compris sur ses thèmes de prédilection. Il s’est ainsi tu sur l’enterrement du bonus malus automobile et cet été, celui qui aujourd’hui se souvient avoir des « valeurs » n’a pas bronché lors des expulsions de Roms.
Mais la tâche ne sera pas aisée. D’autres avant lui se sont cassés les dents sur le mythe du grand centre unifié. François Bayrou le premier qui s’est fait dépouillé de ses troupes par l’UMP au moment de 2002.