Banques: et les dividendes?

Publié le par DA Estérel 83

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C'est un cri du cœur de Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, dans les colonnes du journal grecKathimerini dimanche: il n'est pas question de retoucher l'accord européen du 21 juillet, qui prévoit une (modeste) participation du secteur financier dans le deuxième plan d'aide à la Grèce. «L'impact d'une telle décision serait incalculable. C'est pourquoi je mets en garde avec la plus grande énergie contre toute révision matérielle», explique Ackermann, qui préside également un puissant lobby bancaire, l'IFI (Institut de la finance internationale).

A l'en croire, les banques européennes seraient en bien trop mauvais état pour aller au-delà de ce qui a déjà été concédé durant l'été: une décote de 21% de certaines obligations d'Etat, prise en charge par les banques, pour réduire la facture de la dette grecque de 37 milliards d'euros. Un geste généreux et amplement suffisant, aux yeux du monde financier. Pourtant, la grande majorité des économistes, aujourd'hui, en sont convaincus: il faudra aller beaucoup plus loin, en matière de restructuration de dette, si l'on veut que la Grèce s'en sorte un jour...

Le patron de la Deutsche Bank oublie de dire une chose. Si les banques européennes se trouvent aujourd'hui dans l'œil du cyclone, fragiles et attaquées par les marchés, c'est aussi parce qu'elles ont fait le choix de ne pas se protéger quand elles en avaient les moyens. Prenons les trois grandes banques françaises (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole), décapitées en bourse depuis le début du mois d'août (et encore en séance ce lundi). Les marchés redoutent, entre autres faiblesses, leur exposition à la dette souveraine de pays aujourd'hui très mal en point, de la Grèce à l'Italie.

Ces trois géants bancaires ont, depuis 2008, continué à faire comme si de rien n'était – malgré la crise. Ils ont reversé des milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires, quand ils auraient pu choisir de renforcer davantage leurs fonds propres, ce matelas censé amortir la chute en cas de coup dur. Aujourd'hui, les marchés sont inquiets de la minceur de ces capitaux propres, et le font savoir.

Ouvrons les bilans financiers annuels. De 2008 à 2010, BNP Paribas a versé 4,068 milliards d'euros de dividendes (1,044 en 2008, puis 1,772 l'année suivante et enfin 1,252 en 2010). Performance à peu près identique chez Crédit agricole: 4,033 milliards sont venus récompenser les actionnaires (1,991 puis 0,998 puis 1,044). Quant à Société générale, davantage ébranlée par la crise américaine des «subprime», les sommes sont légèrement inférieures – 2,188 milliards d'euros sur trois ans (697 millions en 2008, puis 185, puis 1306).

Plus de dix milliards d'euros

En tout, d'après nos calculs, ces trois fleurons bancaires français, qui pourraient bientôt avoir besoin d'injections de capital de l'Etat pour tenir debout, ont donc versé plus de dix milliards d'euros (10,289 exactement) de dividendes depuis le début de la crise. Au printemps 2011, l'accélération de la crise en Grèce ne les a pas incités à infléchir cette politique de distribution. Et il n'est pas question non plus de solliciter directement leurs actionnaires, pour gonfler leurs fonds propres.

Les patrons ont ainsi jugé logique de redistribuer une bonne partie du résultat net de l'entreprise sous forme de dividende, plutôt que de consolider encore un peu plus leurs «fonds propres». Quitte à devoir frapper à la porte de l'Etat plus tard, et alourdir encore un peu plus la dette publique.  

Crise ou pas crise, le «taux de redistribution», par exemple chez BNP Paribas, se révèle étonnamment stable. Ce taux, qui mesure la part du bénéfice consacré aux dividendes, s'établit autour de 33% en 2007, 2008 et 2009. Il approchait les 40% lors des deux exercices précédents. Bref, c'est à peine si la banque a ajusté, et reconstitué ses fonds propres, alors que la crise faisait rage, et qu'elle se lançait dans le rachat du belge Fortis.

Dix milliards... C'est une goutte d'eau dans ce monde financier où les ordres de grandeur sont vertigineux. A titre de comparaison, le premier plan de sauvetage de la Grèce, en mai 2010, a été chiffré à 110 milliards d'euros, et la seule dette de l'Italie avoisine les 1900 milliards d'euros. Mais tout de même: si l'on en croit l'édition du 1er octobre de The Economist, ces dix milliards d'euros correspondent exactement au chiffrage de l'impact que pourrait avoir une restructuration de la dette grecque, intégrant cette fois une décote de 50% (et non de 21% comme l'accord de juillet), sur les banques non grecques.

En clair: si la Grèce fait le tri dans sa dette, et décide, en accord avec ses partenaires européens, de ne pas rembourser la moitié de ses emprunts, il en coûtera dix milliards aux banques étrangères, de manière mécanique. Exactement ce que les trois banques françaises auraient pu mettre de côté, en trois ans seulement. Voilà qui pourrait faire réfléchir Joseph Ackermann et son lobby bancaire, qui refusent coûte que coûte de restructurer la dette grecque au-delà des 21% de juillet. Et si l'on testait un moratoire sur le versement des dividendes des banques les plus exposées, comme prémisse d'une solution à la crise de la dette en Europe?

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Publié dans Economie

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V
<br /> Qu'ils aillent se faire foutre, et je suis polie !! A trop jouer avec nos nerfs çà explose ! La peur de changer cet accord sous la pression des peuples est palpable, escroc, voleurs, assassins<br /> (combien de morts du fait de cette crise : il faudra faire les compte en 2012 !<br /> <br /> <br />
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