Audrey Pulvar, un problème de déontologie ?

Publié le par DA Estérel 83

BlogeursAssociés

 

 

Après le succès de Montebourg au premier tour des primaires socialistes, sa compagne et journaliste Audrey Pulvar a partagé la joie du candidat au vu des caméras. La vie privée de la journaliste remet-t-elle en cause son intégrité professionnelle? Pour Aliocha, la solution la plus adéquate serait l'absence d'intervention d'Audrey Pulvar sur des sujets politiques, tout du moins pendant la campagne...


( Capture d'écran : Dailymotion )
( Capture d'écran : Dailymotion )
« Mon travail commence là où s’arrêtent les textes » me confiait un jour le déontologue d’un grand groupe international. Il voulait signifier ainsi qu’il existait rarement de solutions simples, préécrites aux questions éthiques.  Il se trouve que la journaliste Audrey Pulvar a ému la société des journalistes de Radio France (via Arrêt sur Images) en montant sur scène dimanche dernier pour participer à la joie de son compagnon, Arnaud Montebourg. Aïe, voici que le devoir d’impartialité du journaliste rencontre brutalement le délicat sujet de la vie privée. On serait bien embarrassé de chercher une solution toute prête dans les différentes chartes déontologiques des journalistes.
 
Alors que faire ? Tandis que ses confrères de Radio France s’émeuvent,  le Syndicat national des journalistes appelle pour sa part à la discrétion. On pourrait même dire qu’il supplie. Arrêt sur Images, qui rend compte de l’affaire, estime de son côté qu’il vaut mieux au fond jouer la carte de la transparence, même si cela s’avère difficile à gérer. En clair, faut-il considérer qu’après tout, la vie privée de la journaliste ne remet pas en cause de facto son intégrité professionnelle, en particulier son impartialité,  et qu’il s’agit juste de préserver les apparences en faisant preuve de réserve, ou bien préférer au contraire promouvoir la transparence en estimant que l’affichage de cette relation intime a le mérite de permettre au public de se faire sa propre opinion sur la crédibilité du travail de la jeune femme ?
 
I-Télé avait trouvé la solution à mon avis en suspendant l’émission politique de la journaliste. A l’époque, on avait déplacé le débat sur le terrain du féminisme en glosant à l’infini sur les solutions qui seraient appliquées dans le cas inverse : un journaliste en ménage avec une femme politique serait-il ainsi mis à l’écart professionnellement ? La question pouvait sans doute se poser, comme toutes les questions, mais était-ce bien là l’essentiel ?
 
Nombre de problèmes éthiques en réalité peuvent se résoudre assez simplement  par une abstention, dès lors que l’action soulève un doute. Et ce n’est que le refus du sacrifice qui mène à s’enliser dans des discussions parfaitement byzantines. Quand un juge a partie liée avec l’acteur d’un procès, il se déporte. Si un avocat est sollicité  pour prendre la défense d’un adversaire de son client, il décline. Si un commissaire aux comptes entretient un lien personnel ou financier avec l’entreprise dont il doit certifier les comptes, il démissionne de son mandat. Dans chacun des cas cités, on ne se demande pas s’il est possible ou non de préserver son indépendance malgré l’existence d’un conflit d’intérêts, on évite tout simplement de se mettre dans une situation discutable. On peut donc très bien imaginer qu’un journaliste vivant en couple avec une personnalité politique de poids décide de s’abstenir d’intervenir sur les sujets politiques, au moins pendant le temps des élections présidentielles, non ?
 
Publicité

Publié dans Medias

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article