"Assistanat" : Wauquiez persiste, une partie de la majorité aussi

Publié le par DA Estérel 83

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Malgré un recadrage sévère, au moins dans la forme, mercredi en conseil des ministres, Laurent Wauquiez persiste dans sa stigmatisation de "l'assistanat". Le ministre des affaires européennes a usé d'un vocabulaire choisi pour expliquer son obstination :"On a froissé le politiquement correct. (...) Mais j'ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas", assure-t-il dans un entretien auProgrès, jeudi 12 mai. 

La phrase a été remarquée, y compris dans le camp de M. Wauquiez. "Ce n'est pas Marine Le Pen qui dit ça ?", a ironisé jeudi matin, sur Europe 1 l'ex-secrétaire d'Etat Yves Jégo, avant de dénoncer "une forme de gangrène de lepénisation qui est en train de gagner l'UMP". M. Jégo a d'ailleurs annoncé qu'il quittait le parti présidentiel pour rejoindre les radicaux de Jean-Louis Borloo. L'expression employée par M. Wauquiez reprend en fait presque à l'identique un slogan du Front national dans les années 1980. Celui qui "disait tout haut" était alors Jean-Marie Le Pen.

 LA PROPOSITION DE LOI SERA DÉPOSÉE

Mais si certains à l'UMP se disent choqués par la charge du ministre des affaires européennes, d'autres approuvent l'initiative. Son "club", La Droite sociale, est bien décidé à déposer une proposition de loi sur ce thème. Dans Le Figaro, la députéeAnne Grommerch explique que ce texte "permettra aux collectivités locales d'expérimenter les cinq heures de travail hebdomadaires", et assure que deux départements (Alpes-Maritimes et Bas-Rhin, tenus par l'UMP) seraient déjà volontaires.

Il semble en revanche que la future proposition ne retienne que cet aspect des propos de M. Wauquiez, et "oublie" d'autres idées du ministre, très critiquées, comme le plafonnement à 75% du smic de l'ensemble des minima sociaux. Cette proposition de loi doit encore être approuvée par le groupe UMP pour avoir une chance d'être débattue dans l'hémicycle.

Du côté de l'UMP, Jean-François Copé, s'il a souscrit aux critiques sur "la méthode" de M. Wauquiez, le soutient sur le fond : "Je préfère que quand quelqu'un lance une idée, on ne lui tombe pas dessus à chaque fois", a-t-il expliqué, estimant par ailleurs que la question soulevée par le ministre "sera l'un des grands marqueurs de la campagne présidentielle". Chargé du programme pour 2012, Bruno Le Maire dit aussi son accord "sur le fond" avec le débat lancé par le ministre des affaires européennes.

 BALLON D'ESSAI ?

Jeudi 12 mai, L'Express et le JDD rapportent les mêmes propos d'un proche du président, selon lequel Laurent Wauquiez aurait été "à deux doigts de se faire virer"à la suite de son initiative. Mais le chef de l'Etat aurait finalement estimé que sur le fond, son ministre n'avait pas tort.

Selon le JDDLaurent Wauquiez affirme avoir eu le feu vert de Patrick Buisson. Ce conseiller de l'Elysée, venu de l'extrême droite (il dirigea notamment le journalMinute) et en partie à l'origine du virage de Nicolas Sarkozy depuis le discours de Grenoble, avait déjà évoqué le thème de l'assistanat, dans un entretien à Paris-Match en mars. Un thème très porteur à droite et dans l'électorat FN, selon les enquêtes d'opinion.

Brice Hortefeux, probable futur directeur de campagne de M. Sarkozy, a lui aussi fait part de son approbation avec les "messages" de Laurent Wauquiez. "Premier message, c'est que l'on ne doit pas, dans notre pays, percevoir davantage de revenus des prestations et de la redistribution sociales que de revenus du travail, et le deuxième message, très fort et justifié, c'est la nécessité impérieuse de lutter contre les fraudes, a-t-il souligné. Ces deux convictions, je les partage.

Laurent Wauquiez a-t-il lancé son offensive de sa propre initiative, ou s'agit-il d'un "ballon d'essai" ? Beaucoup commencent à penser que l'Elysée pourrait ne pas désapprouver l'initiative du ministre, qui permet de "parler" à l'électorat le plus à droite tout en ménageant, au travers du recadrage opéré mercredi, les sensibilités plus centristes.

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Publié dans Politique

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