Algérie: pendant les émeutes, les affaires continuent avec Raffarin

Publié le par DA Estérel 83

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Envoyé spécial du président de la République, Jean-Pierre Raffarin était ce lundi 21 février à Alger pour négocier quelques contrats. Un déplacement bien imprudent alors que la rue arabe explose, et qu'à Alger même des manifestations d'étudiants étaient durement réprimées.



Raffarin : la France "prête à aider l'Algérie"
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Alors que des milliers de manifestants s’étaient rassemblés mardi devant le ministère de l’Enseignement supérieur, Jean-Pierre Raffarin, envoyé spécial du président Sarkozy en Algérie, tentait toujours de négocier quelques contrats. Un exemple supplémentaire, s’il en fallait un, de l’imprudence de l’exécutif français alors que partout le Maghreb explose. Si l’Algérie n’est ni la Tunisie, ni la Libye, entre autres parce que la presse y est infiniment plus libre, El Watan rapportait ce mardi la violence des affrontements qui ont opposé étudiants et forces de sécurité.  Et les manifestations se multiplient de samedi en samedi. 

« Les policiers ont repoussé avec violence les étudiants, leur interdisant de tenir leur sit-in devant le ministère. Le bras de fer entre les étudiants déterminés à rejoindre le ministère et les CNS qui les repoussaient en usant de leur triques a causé au moins une quinzaine de blessés, dont certains ont perdu connaissance. Les revendications se sont désormais radicalisées. Les étudiants, qui demandaient depuis deux semaines l’annulation de décret dévaluant leurs diplômes, changent de slogan : «Harraoubia dégage, wizara irhabia» (ministère terroriste),ont-ils martelé, protestant contre les agissements de leur tutelle » rapporte El Watan

Alors qu’en Tunisie, quelques semaines après le soulèvement, la visite d’une délégation de parlementaires français avait été annulée, Jean-Pierre Raffarin, accompagné de son fidèle conseiller diplomatique Serge Degallaix, tentait toujours de faire avancer quelques dossiers importants entre deux manifs de rue algériennes. 

Parmi ses priorités : Renault, Total et Lafarge.  Invité ce matin de Jean-Pierre Elkabbach, l’ancien premier Ministre expliquait, le plus sérieusement du monde, qu’il plaçait sa mission sur« un plan social. Le rôle de la France au sud de la Méditerranée, c’est de créer des emplois, d’aider ces économies à avoir une politique sociale ». Comme disait Chirac du temps de sa marionnette triomphante « pas de politique ! ». Rien que du social et des affaires : «  On a du gaz et du pétrole en Algérie. Mais on a pas d’industrie pétrochimique. Dans la construction d’un pays, le ciment est fondamental et ils importent du ciment. Ils n’ont pas d’industrie pharmaceutique comme elle mérite d’être soignée. Avec Total, Lafarge et Sanofi, on est en train de répondre à l’aspiration sociale des Algériens ». Sans compter une usine Renault. La presse algérienne ne fait pas tout à fait le même compte-rendu du séjour de Jean-Pierre Raffarin, le journal Liberté affirmant que les dossiers Renault, Total et Sanofi sont toujours gelés. 

Sur la Libye, Raffarin ne s’est pas montré très loquace, pas plus sur le régime Bouteflika, motus sur le voyage de MAM au Brésil et l’état de la diplomatie française. L’emploi, rien que l’emploi et les affaires. Pas de politique !


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Publié dans Politique

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