Affaire Woerth-Bettencourt: Aubry dénonce "la dérive d'un système"
Jeudi 1 juillet 2010
PARIS (AFP) - La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a estimé dans une interview à Paris Match paru jeudi que l'affaire Woerth-Bettencourt mettait en lumière "la dérive d'un système" et d'"une société de l'argent où certains s'estiment tout permis".
"Cette affaire met en lumière la dérive d'un système: dans quelle autre démocratie accepterait-on qu'un ministre du Budget soit aussi le trésorier du parti majoritaire? Que l'épouse du ministre du Budget exerce des responsabilités dans la gestion de la première fortune de France?", demande la patronne du PS.
Selon elle, "dans cette société de l'argent et du toujours plus, certains s'estiment tout permis. Ils ne voient pas que leur désinvolture choque les Français dont la vie est de plus en plus dure et qui veulent que leurs représentants donnent l'exemple".
"Il faut retrouver le sens de la chose publique", assure Mme Aubry à qui l'hebdomadaire consacre quatre pages illustrées de photos notamment de la maire de Lille avec ses collaboratrices.
Au sujet de l'affaire touchant le ministre du Travail Eric Woerth, l'ancienne ministre relève que "chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles révélations que le ministre traite avec arrogance et sans clarification. Ce n'est pas acceptable". "Les Français veulent la vérité et si des fautes ont été commises, que les conséquences en soient tirées par le président de la République",
L'ancienne ministre assure qu'elle "n'a pas l'habitude d'attaquer les personnes". "Notre attitude a été de poser les questions" et les réponses "nous ne les avons toujours pas".
Les socialistes au pouvoir ont-ils été toujours irréprochables? Mme Aubry répond : "Lionel Jospin, Premier ministre, avait fixé des règles", notamment que les appartements de fonction soient réservés "uniquement aux ministres qui habitaient la province". L'ancienne numéro deux du gouvernement Jospin affirme qu'elle ne s'en était jamais servie. "Un ministre qui, aujourd'hui, a un salaire de 14.000 euros par mois doit pouvoir assumer son train de vie", lance-t-elle.