Affaire Wendel : le fisc frappe toujours deux fois

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

 

Ernest-Antoine Seillière

 

Le 8 décembre, le baron Seillière ainsi que onze autres dirigeants ou ex-dirigeants de Wendel ont reçu une nouvelle notification de redressement fiscal. Bercy vise cette fois l'intéressement considérable reçu par douze personnes sur la vente d'Editis, deuxième groupe d'édition français, à son concurrent espagnol Planeta en 2008.

Environ 10 % de la plus-value réalisée par Wendel a été distribuée aux dirigeants au titre de l'intéressement. Il ne s'agit pas d'une gratification symbolique mais d'un pactole de plus de 30 millions d'euros, dont un tiers est parti dans les poches d'Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance, et de Jean-Bernard Lafonta, qui était alors président du directoire. Les experts de Bercy estiment qu'il ne s'agit pas de plus-values mais de salaires, imposables au titre de l'impôt sur le revenu (et donc, accessoirement, passibles d'un redressement de la part de l'Urssaf, pour ce qui concerne les cotisations sociales).

La considération de Seillière s'estompe-t-elle ?

Le 24 décembre 2010, le Noël de Wendel avait déjà été gâché par un premier redressement fiscal visant les mêmes personnes dans le dossier "Solfur", un système de motivation financière des dirigeants particulièrement complexe et potentiellement très juteux. Quelques jours avant la prescription fiscale, qui serait intervenue le 31 décembre à minuit, le fisc accusait les bénéficiaires du montage d'abus de droit, une incrimination qui entraîne des pénalités de 80 %. Cette fois, les agents de Bercy se montrent plus cléments puisqu'ils évoquent la "mauvaise foi", taxée à "seulement" 40%. Mais, là encore, le courrier a été envoyé quelques jours avant que les intéressés échappent aux foudres du fisc, puisque la vente d'Editis a eu lieu en 2008. Contacté par Le Point, Wendel refuse de commenter nos informations.

Cette deuxième offensive des services fiscaux est interprétée avec une certaine appréhension dans l'entourage de Wendel. N'est-elle pas le signe que la considération dont Ernest-Antoine Seillière a longtemps pu profiter en haut lieu est en train de s'estomper ?

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Publié dans Affaires

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