Affaire Karachi : le témoin par qui Sarkozy revient

Publié le par DA Estérel 83

Rue89

 

 

 

Les révélations publiées par Libération, qui a consulté le procès-verbal de l'audition d'un haut fonctionnaire, mouillent un peu plus le chef de l'Etat.


Couverture de Libération du 2 janvier

L'Elysée a beau parler de « fable à épisodes » concernant l'éventuelle implication du chef de l'Etat dans les rétrocommissions versées en marge des contrats d'armement (et qui auraient financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995), l'affaire Karachi se rapproche de Nicolas Sarkozy. Celui qui était alors ministre du Budget a nécessairement donné son accord à la création d'une société luxembourgeoise, Heine, qui a servi d'intermédiaire dans ces contrats.

C'est ce qui ressort de l'audition de Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur administratif et financier de la branche internationale de la Direction des constructions navales, celle-là même qui a vendu en 1994 au Pakistan des sous-marins Agosta. Rappelons que l'arrêt du versement de rétrocommissions est soupçonné d'être à l'origine de l'attentat contre les personnels de la Direction des Constructions navales (DCN), qui a fait quatorze morts en 2002.

« Vu l'importance du sujet ... »

Interrogé le 2 décembre par le juge Renaud Van Ruymbecke, l'ancien haut fonctionnaire déclare, selon le procès-verbal de l'audition consulté par Libération :

« Il est clair que le ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine. Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre ».

Puis, le juge lui demande de préciser s'il a fallu le double accord du ministre de la Défense (à l'époque François Léotard) et de celui du Budget (à l'époque Nicolas Sarkozy), et Gérard-Philippe Menayas précise :

« Oui. J'ai une expérience en la matière, ayant travaillé six ans à la direction du Trésor. Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre. »

Par ailleurs, le témoin évoque aussi le rôle de Benoît Bazire : le frère de Nicolas
Bazire, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon suivait particulièrement le contrat pakistanais. Gérard-Philippe Menayas :

« Benoît Bazire (à la direction de l'armement) insistait tout particulièrement pour être informé en temps réel de tout événement lié à l'avancement de la négociation de ce contrat. »

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Publié dans Affaires

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V
s'il pouvait être vrai que le nain sorte de l'Elysée et aille en prison sans passer par la case "départ" !!
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