A cache-cache candidat

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Qu'on se le dise: Nicolas Sarkozy n'est pas - encore - candidat. Bien trop pris par sa tâche, bien trop soumis à la «servitude du pouvoir» pour se livrer à de tels «calculs» indignes de lui et de sa fonction. C'est ce qu'il explique dans les colonnes de L'Express à la fin d'une très longue interview où cette question occupe la place à laquelle le locataire de l'Elysée entend bien qu'elle soit cantonnée pour le moment: très accessoire...

Sauf que pendant que Nicolas Sarkozy minaude autour de ce «secret de Polichinelle», les marionnettistes de la campagne présidentielle sont à la manoeuvre. Et ceci sans même prendre la peine de cacher leurs grosses ficelles de campagne. Qui pourrait croire en effet un instant que Jean-François Copé, le patron de l'UMP, ne fait que souscrire au simple rituel de l'anniversaire du 6 mai 2007 lorsqu'il lance un supplément magazine tiré à 400.000 exemplaires à la gloire de quatre ans de sarkozysme? 

Comment penser qu'à l'appui de ce que l'UMP présente comme un «document complet et pédagogique», les 3 millions et demi d'exemplaires d'un tract intitulé «La République qui agit, la République qui protège» sont de simples bougies sur le gâteau? Si d'ailleurs on pouvait avoir le moindre doute sur ce qui apparaît bien comme le premier matériel électoral de cette campagne, Valérie Rosso-Debord, déléguée adjointe de l'UMP, le lèverait quand elle confie avec une touchante franchise de militante énamourée qu'il «faut préparer le projet présidentiel à l'aune du bilan». Le bilan, parlons-en? 

Ou plutôt laissons parler François Fillon. Hier matin après trois petites heures de séminaire gouvernemental - tout juste le temps de mettre au point quelques «éléments de langage»... - c'est lui qui en effet a été envoyé au front pour vanter aux journalistes un quinquennat d'ores et déjà «marqué par le retour de la volonté politique». Il va sans dire - mais vu les sondages, sans doute cela va-t-il mieux en le disant... - que le bilan tiré par François Fillon de ces quatre années ne pouvait être que positif. La contre-offensive médiatique était d'autant plus nécessaire que selon un sondage BVA, 73% des Français jugent «mauvais» le bilan de Sarkozy. Un chiffre en hausse de 6 points par rapport à mai 2010. 

Même si un bon bilan ne garantit nullement une élection - on se souvient de celui, certes favorisé par une période de croissance, dont pouvait se flatter Lionel Jospin - et même si Nicolas Sarkozy a dû, lui, à l'inverse, affronter la tempête de la crise internationale, on comprend qu'on s'active dans la majorité pour réhabiliter aux yeux des Français l'action menée depuis 2007. Reste que face à un tel trou d'air, la bataille de reconquête de l'opinion ne va pas être une promenade de santé et réclamer beaucoup de cette «sérénité face à l'adversité» dont Nicolas Sarkozy se dit désormais détenteur.

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Publié dans SARKOZY

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