10 mai 1981 – 6 mai 2012

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Par Ze Rédac

 

Cris de joie, rue de Solferino à l'annonce de la victoire - cc Mathieu Delmestre / PS

Cris de joie, rue de Solferino à l'annonce de la victoire - cc Mathieu Delmestre / PS

31 ans que le peuple de gauche attendait ce moment de joie intense d’une victoire à la présidentielle synonyme d’alternance, ce moment à nul autre pareil où le changement qu’on savait inéluctable mais auquel on finissait par ne plus croire, arrive enfin en s’incarnant dans un nom : Mitterrand en 1981, Hollande en 2012.

Mitterrand le Charento-nivernais. Hollande le Corrézien. Deux bouts de France qui tout d’un coup deviennent la France en s’incarnant dans un homme.

Le bonheur des visages encore à moitié incrédules. Les rires, les cris, les larmes d’émotion chez certains, des mots muets chez d’autres. Les plus jeunes se disant : « Nous aussi, on a notre 10 mai ! ». La chaleur irremplaçable du sentiment d’appartenir à une communauté de conviction, de fraternité avec des inconnus mus par un même mouvement irrépressible vers la rue de Solférino ou la place de la Bastille.

Une densité de population incroyable, presque dangereuse. Des enfants sur les épaules de leurs parents, épousant la joie de leurs parents en ajoutant la leur. Des personnes âgées dont il faut prendre soin à chaque mouvement de foule. Des jeunes, énormément de jeunes, on ne pensait pas qu’il puisse y en avoir autant pour de la politique. Une multitude de corps et de figures, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les épaisseurs, mais un trait commun à tous : une lueur allumée au fond des yeux qui rend les visages beaux.

La foule était belle hier soir à Solférino, à Bastille, partout dans les rues de Paris et de province. Elle donnait envie de prolonger encore ce moment de bonheur avant de retomber dans la grisaille de la crise que les gendarmes mobiles nombreux et inutiles semblaient rappeler de leur présence grise.

La foule était heureuse d’être heureuse, énamourée d’elle-même, de son nombre, de sa puissance, fière de faire entendre une voix plus forte que la majorité silencieuse. Prête à applaudir le premier inconnu qui passe pour peu qu’on lui dise que c’est un responsable de gauche.

Eh oui, n’en déplaise aux annonciateurs de misère, aux enthousiastes du « c’était mieux avant », le bonheur qui sortait hier soir par tous les pores de Paris valait bien celui du 10 mai 1981 ! Avec des moustaches en moins – ce n’est plus guère la mode – mais un petit supplément d’âme : le plaisir particulier de voir battu celui qu’on a détesté pendant cinq années.

Un peuple de gauche à l’image de la France : uni et divers, moins enclin au rêve en 2012 qu’en 1981 mais tout aussi amoureux de l’espoir.

La Bastille le 6 Mai 2012 - Photo Parti Socialiste - licence Creative Commons

Solférino le 6 Mai 2012 - Photo Parti Socialiste - licence Creative Commons

Solférino le 6 Mai 2012 - Photo Parti Socialiste - licence Creative Commons

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Publié dans Gauche

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V
impossible de comparer ce qui n'est pas comparable !! la rose au poing a disparu des affiches, des drapeau rouges, qui sont devenus blancs, comme les drapeaux de ceux qui se rendent....
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