Villepin est-il un des problèmes de l'opposition ?

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1 Maurice Szafran  09/11/2010

 

En accusant le chef de l'État d'être l'un des principaux problème rongeant la France, l'ex-Premier ministre remet en cause sa légitimité démocratique. Une phrase assassine qui fait du bruit, mais qui plombe l'opposition puisqu'elle ne l'aide.

 

Il a cogné, comme un sourd, avec une rare violence en politique. Lisons et relisons dans les moindres détails, la phrase de Dominique de Villepin, terrible phrase, une phrase qui, en quelque sorte, délégitime radicalement le président de la République : « Nicolas Sarkozy est un des problèmes de la France, parmi les principaux problèmes qu’il faut régler ». Passée l’émotion – sincère, tactique ou feinte, peu importe – de quelque hiérarque UMP, notamment Jean-François Copé que nous n’avons jamais connu à ce point sarkophile et sarko-compatible, reste à comprendre la portée exacte d’une sortie à la fois inhabituelle et, surtout, venant d’un ex-Premier ministre se revendiquant du gaullisme, du chiraquisme, et ayant toujours sa carte à l’UMP, parti en principe acquis à la cause du président de la République.

 

Formellement, la sortie de Dominique de Villepin ne pose aucun problème d’aucune sorte, et certainement pas sémantique. A l’agonie dans les sondages, défié par une grande partie de la droite et de ses électeurs, Nicolas Sarkozy est effectivement « un des problèmes de la France, parmi les principaux problèmes qu’il faut régler ». Il suffit d’ailleurs de lire la presse française ou internationale pour s’en convaincre. Cela étant, ne soyons pas faux-cul : en réalité, Dominique de Villepin, à travers cette exécution, ne remet-il pas en cause la légitimité démocratique de Nicolas Sarkozy ? C’est bien cela le problème posé par la petite phrase assassine. C’est bien pour cela qu’on sent aujourd’hui la gêne jusque dans les rangs de l’opposition socialiste. C’est bien pour cela que quelques analystes estiment qu’aujourd’hui l’anti-sarkozysme de Villepin va au-delà, bien au-delà de celui exprimé ce week-end encore chez Michel Drucker par Jean-Luc Mélenchon.

 

Alors, la question de la démocratie ? Il est incontestable qu’on peut entendre Dominique de Villepin en stéréo : constat d’une part, censure de l’autre. Censure qui en appelle à une punition électorale envers le président sortant. Censure qui exige de la part des Français qu’ils débarrassent le pays d’un personnage, à en croire Villepin, nuisible. Somme toute, une radicalisation de l’expression politique, une façon véhémente, forte, radicale, de combattre Nicolas Sarkozy, son pouvoir et sa politique.



C’est à ce moment précis que l’on peut en venir à Marianne. Certains de nos contradicteurs ne manquent jamais de nous signifier que notre opposition au chef de l’État en devient trop répétitive. Que nous diminuons la portée de notre propos, de nos analyses, de nos éditoriaux et de nos explications, en ne faisant pas, en ne faisant plus la part des choses. Dominique de Villepin subit désormais cette même critique. Convenons qu’elle n’est pas totalement infondée. Convenons qu’il est indispensable de faire la part des choses dans notre critique du sarkozysme, aller à l’essentiel, se refuser obstinément à la petite polémique. C’est dans doute cela la principale faiblesse de la désormais célèbre phrase de Dominique de Villepin : le bruit et la fureur qu’elle provoque évite de s’interroger sur la pertinence du propos. Le fond et la forme en politique, nous y revoilà.

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Publié dans Politique

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V
<br /> c'est bien pour cela que je considère Ségolène comme la seule qui , restée droite dans ses bottes, n'ayant eu que des propos corrects et des mains tendues, analysant les problèmes et y apportant<br /> des réponses utiles et démontrées sur le terrain en région, comme la seule opposante crédible à sarkozy. Notre rôle à DA est de faire de l'information reposant sur des concrêt : les petites phrases<br /> s'envolent vite, les actes restent .....<br /> <br /> <br />
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